Publié le 2025-08-20 10:00:00. Après des années de gestation, le projet de tramway rapide Métrolin, destiné à relier l’aéroport de Dublin au centre-ville par voie ferrée, a reçu l’approbation de la Commission de planification. Ce verdict intervient trois ans après le dépôt de la demande de permis de construire, ouvrant la voie à l’un des plus grands chantiers d’infrastructure de l’histoire irlandaise.
- La ligne de 18,8 km, dont le coût estimé dépasse les 10 milliards d’euros, vise à connecter l’aéroport de Dublin à Charlemont dans le sud de la ville.
- Prévu pour fonctionner avec des trains sans conducteur circulant toutes les trois minutes, le Métrolin devrait entrer en service au milieu des années 2030.
- Le projet, qui a connu plusieurs évolutions depuis sa première proposition il y a 25 ans, fait désormais face à une possible contestation juridique et à une validation finale du gouvernement avant le début des travaux.
Ce projet pharaonique, initialement envisagé il y a un quart de siècle, promet de désenclaver l’aéroport de Dublin et de le connecter au cœur de la capitale via une infrastructure souterraine majeure. Le tracé de 18,8 kilomètres prévoit 16 arrêts, desservant des zones clés telles que Swords, Ballymun, Glasnevin, Phibsborough, ainsi que le centre-ville. Le temps de trajet depuis Swords jusqu’au centre-ville est estimé à environ 25 minutes, tandis que le trajet depuis l’aéroport ne prendrait que 20 minutes, révolutionnant ainsi la mobilité dans la région.
La décision de la Commission de planification d’accorder une ordonnance ferroviaire est une étape cruciale pour Transport Infrastructure Ireland (TII), le développeur du projet. Cette autorisation permet à TII de lancer des appels d’offres indicatifs en vue de la construction, avant la présentation d’une analyse de rentabilisation finale au gouvernement pour approbation. Le coût définitif du Métrolin, qui a connu une large fourchette d’estimations, sera précisé à ce stade. Lors du dépôt de la demande en septembre 2022, les estimations initiales situaient le coût moyen entre 7,16 milliards et 12,25 milliards d’euros, avec une borne supérieure extrême de plus de 23 milliards d’euros en cas de survenance de risques imprévus.
Le directeur du Métrolin, Sean Sweeney, a déjà initié des consultations internationales pour susciter l’intérêt des entreprises potentiellement capables de mener à bien ce chantier titanesque. Des rencontres ont eu lieu à Dublin, et sont prévues dans plusieurs capitales européennes telles que Berlin, Paris, Milan, Londres, Vienne et Madrid. La phase de consultation publique a suscité l’intérêt de plus de 318 parties prenantes, allant des résidents et commerces impactés par le tracé, aux élus, groupes de campagne, organismes du patrimoine et agences d’État, ces dernières ayant exprimé des préoccupations notables quant à l’impact de la station prévue à St Stephen’s Green.
L’histoire du Métrolin est jalonnée de revirements et de relances. Une première proposition de métro pour Dublin remonte à l’an 2000. Une demande de permis pour une ligne alors nommée Metro North avait été déposée en 2008, et approuvée fin 2010. Cependant, en pleine crise économique, le gouvernement avait suspendu l’approbation de l’analyse de rentabilisation pour la ligne, dont le coût était alors estimé à 3,5 milliards d’euros, reléguant le projet aux oubliettes. Le projet a été remis sur les rails en 2015, avec une mise en chantier prévue pour 2021 et une livraison en 2026 ou 2027. En 2018, une décision avait été prise de fusionner le métro reliant Swords au centre-ville avec la modernisation de la ligne verte du Luas, avant que cette décision ne soit annulée l’année suivante, ramenant le projet à sa conception initiale d’un métro reliant Swords à la ville.
