Publié le 6 février 2026 16h18. Une vidéo diffusée sur le compte Truth Social de Donald Trump, représentant Barack et Michelle Obama caricaturés en singes, a suscité une vive controverse, la Maison Blanche invoquant une erreur de la part d’un membre de son personnel.
- La Maison Blanche affirme qu’un employé a publié la vidéo par erreur et qu’elle a été rapidement supprimée.
- La vidéo, qui propage des allégations infondées sur l’élection présidentielle de 2020, a été qualifiée de « raciste » par des responsables démocrates.
- Cet incident relance le débat sur l’utilisation par Donald Trump de contenus visuels provocateurs et potentiellement discriminatoires sur les réseaux sociaux.
La polémique a éclaté après que Donald Trump a partagé une vidéo d’une minute sur sa plateforme Truth Social. Vers la fin de ce montage, les anciens président Barack Obama et son épouse Michelle apparaissent brièvement avec leurs visages superposés sur des corps de singes, accompagnés de la chanson « The Lion Sleeps Tonight ». La vidéo reprend des accusations sans fondement concernant des fraudes électorales lors de l’élection de 2020, impliquant la société Dominion Voting Systems et suggérant que Joe Biden, alors vice-président de Barack Obama, aurait bénéficié d’une victoire illégitime.
Face à l’indignation générale, la Maison Blanche a tenté de minimiser l’incident. Un responsable a déclaré à l’AFP :
« C’est un employé de la Maison Blanche qui a rédigé ce message par erreur. Il a été supprimé. »
La porte-parole de Donald Trump a, quant à elle, dénoncé une « fausse indignation ». Karoline Leavitt a initialement décrit la vidéo comme un « mème vidéo sur Internet représentant le président Trump comme le roi de la jungle et les démocrates comme des personnages du Roi Lion », ajoutant :
« S’il vous plaît, arrêtez cette fausse indignation et faites un rapport aujourd’hui sur quelque chose qui compte réellement pour le public américain. »
Les réactions n’ont pas tardé à se multiplier. Des figures éminentes du Parti démocrate ont fermement condamné la publication. Le bureau du gouverneur de Californie, Gavin Newsom, potentiel candidat à la présidentielle de 2028, a publié un message virulent sur X (anciennement Twitter) :
« Comportement dégoûtant de la part du président. Chaque républicain doit le dénoncer. Maintenant. »
Ben Rhodes, ancien conseiller à la sécurité nationale de Barack Obama, a également exprimé son indignation sur la même plateforme, déplorant que Donald Trump et ses partisans soient « hantés par le fait que les futurs Américains considéreront les Obama comme des personnages bien-aimés ». Tim Scott, le seul sénateur noir du Parti républicain, a qualifié la vidéo de « chose la plus raciste que j’ai vue à la Maison Blanche » et a appelé à son retrait immédiat.
Cet incident s’inscrit dans un contexte plus large de tensions raciales et de controverses liées à l’utilisation des réseaux sociaux par Donald Trump. L’ancien président a déjà été critiqué pour avoir diffusé des images générées par intelligence artificielle (IA) à caractère provocateur et potentiellement discriminatoire. L’année dernière, il avait notamment publié une vidéo montrant Barack Obama arrêté dans le Bureau ovale, ainsi qu’un clip d’IA du chef de file de la minorité parlementaire Hakeem Jeffries, affublé d’un faux moustache et d’un sombrero. Ces publications avaient déjà été qualifiées de racistes.
Depuis son retour à la Maison Blanche, Donald Trump a également été accusé de mener une offensive contre les programmes de diversité, d’équité et d’inclusion (DEI). Il a notamment mis fin à tous les programmes DEI du gouvernement fédéral, y compris dans l’armée, et a retiré des bibliothèques militaires des ouvrages traitant de l’histoire de la discrimination raciale aux États-Unis. Ces mesures interviennent dans un contexte de remise en question des politiques de lutte contre les discriminations, nées des mouvements pour les droits civiques des années 1960 et visant à promouvoir l’égalité et la justice après des siècles d’esclavage et de racisme institutionnel.
Donald Trump a bâti sa carrière politique en alimentant la théorie du complot raciste et infondée du « birtherisme », remettant en question la légitimité de la naissance américaine de Barack Obama. Il entretient depuis longtemps une rivalité amère avec l’ancien président, jaloux de sa popularité et de la reconnaissance qu’il a reçue, notamment avec l’attribution du prix Nobel de la paix.