Publié le 2024-02-29 14:30:00. Pendant des décennies, une croyance tenace a circulé, affirmant que la masturbation pouvait endommager les reins. La science moderne a démystifié ce mythe, et des recherches récentes suggèrent même un effet inattendu : une possible aide à l’élimination des petits calculs rénaux.
- La masturbation n’a jamais été associée à des lésions rénales et ne provoque ni insuffisance rénale, ni maladies rénales.
- L’origine de cette idée fausse remonte à des interprétations culturelles anciennes et à une compréhension erronée du rôle des reins dans l’énergie vitale.
- Des études préliminaires suggèrent qu’une éjaculation fréquente pourrait faciliter l’expulsion des petits calculs rénaux, mais cela ne constitue pas un traitement médical établi.
Pendant des générations, l’idée que la masturbation pouvait nuire aux reins a été transmise comme un avertissement de santé, souvent par les familles, les écoles, et même des discours se prétendant médicaux. Cette croyance, profondément ancrée dans la culture populaire, est aujourd’hui formellement réfutée par la science.
Selon le Dr Thiago Bruno, urologue,
« Cette association négative n’a jamais bénéficié d’un soutien médical. »
Dr Thiago Bruno, urologue
Il explique que ce mythe trouve ses racines dans l’histoire et la culture, et non dans des faits scientifiques. Dans les cultures anciennes, le sperme était considéré comme une substance vitale, dont la perte entraînerait un affaiblissement de l’organisme. Les reins, symboliquement associés à l’énergie sexuelle, étaient donc perçus comme vulnérables à la masturbation.
L’origine de cette croyance remonte aux systèmes de santé traditionnels, notamment certaines interprétations de la médecine traditionnelle chinoise, qui associaient les reins au stockage de l’énergie vitale et de la force sexuelle. L’éjaculation fréquente était alors perçue comme une « fuite » de cette énergie, susceptible de provoquer fatigue, maladie et perte de vitalité. Avec le développement de la médecine basée sur des preuves, ces théories symboliques ont été abandonnées.
Aucune étude clinique moderne n’a établi de lien entre la masturbation et l’insuffisance rénale, l’inflammation rénale ou toute autre déficience structurelle du système urinaire.
« D’un point de vue médical, il n’existe absolument aucune preuve que la masturbation soit nocive pour la fonction rénale. Chez les personnes en bonne santé, il s’agit d’une pratique physiologique normale. »
Dr Thiago Bruno, urologue
Les recherches actuelles démontrent que la masturbation ne provoque pas :
- Insuffisance rénale ;
- Maladies rénales ;
- Douleurs rénales chroniques ;
- Dommages métaboliques.
L’argument selon lequel l’éjaculation entraînerait une perte significative de nutriments essentiels est également infondé. Une étude publiée en 2013 a révélé qu’un éjaculat contient environ 0,25 gramme de protéines, une quantité minime facilement compensée par une alimentation équilibrée.
« La perte de liquides et de nutriments est négligeable d’un point de vue clinique. Le corps les remplace naturellement, sans impact mesurable, même en cas d’éjaculations fréquentes. »
Dr Thiago Bruno, urologue
Des études préliminaires ont cependant mis en évidence un effet inattendu : une éjaculation fréquente pourrait favoriser l’élimination spontanée des petits calculs rénaux, en complément d’un traitement médical standard. Dans une de ces études, les patients éjaculant trois à quatre fois par semaine ont présenté des taux d’expulsion de calculs comparables à ceux utilisant de la tamsulosine – un médicament destiné à détendre les voies urinaires.
L’explication théorique repose sur les contractions musculaires involontaires survenant pendant l’orgasme et les modifications temporaires du tonus du système urinaire.
« Pendant l’orgasme, la libération de neurotransmetteurs et les changements transitoires pourraient, en théorie, faciliter la progression de très petits calculs déjà en mouvement. »
Dr Thiago Bruno, urologue
Cependant, le Dr Bruno souligne que cet effet est limité aux calculs de moins de 5 millimètres.
Malgré ces résultats intéressants, la pratique sexuelle ou la masturbation ne sont pas recommandées comme traitement médical des calculs rénaux. Pour qu’un traitement soit officiellement validé, des études rigoureuses, contrôlées et reproductibles sont nécessaires, ce qui n’est pas encore le cas ici.
La prévention et le traitement des calculs rénaux reposent toujours sur des mesures éprouvées, telles qu’une hydratation adéquate, une alimentation équilibrée avec un contrôle de l’apport en sel et en protéines, une évaluation métabolique pour les personnes ayant déjà eu des calculs, et une surveillance urologique si nécessaire.
En ce qui concerne les douleurs lombaires parfois ressenties après une activité sexuelle ou une masturbation, elles sont généralement d’origine musculaire et non rénale.
« Il s’agit généralement de douleurs posturales ou de tensions musculaires. Les vraies douleurs rénales sont intenses, coliques, irradiant vers l’abdomen ou l’aine, souvent accompagnées de nausées ou de modifications urinaires. »
Dr Thiago Bruno, spécialiste
Des compresses chaudes et du repos suffisent généralement à soulager ces douleurs musculaires. En cas de fièvre, de sensation de brûlure en urinant ou de présence de sang dans les urines, une consultation médicale est nécessaire.
Outre le lien avec les reins, d’autres mythes persistent, comme l’idée que l’éjaculation fréquente provoque l’impuissance, l’infertilité ou endommage des organes tels que la prostate et le cœur.
« La plupart de ces mythes sont nés de tabous culturels et de désinformation, et non de la science. »
Dr Thiago Bruno
La masturbation est une pratique normale et sûre, sans impact négatif avéré sur les reins. La science moderne démystifie les mythes anciens et continue d’étudier d’éventuels effets physiologiques avec rigueur et prudence.
En cas de symptômes persistants tels que des douleurs sévères dans le bas du dos, des changements dans l’urine ou de la fièvre, il est important de consulter un médecin, car le problème ne provient probablement pas de la masturbation, mais d’une affection du système urinaire nécessitant une évaluation médicale.
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