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La médecine de précision personnalisée transforme le modèle de recherche en santé

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Madrid, le 8 février 2024 – La médecine de précision personnalisée (MPP) transforme en profondeur la recherche en santé, ouvrant la voie à des diagnostics plus précoces, des traitements ciblés et une prévention plus efficace, comme l’a illustré la 21e Conférence internationale sur la recherche translationnelle et la médecine de précision personnalisée.

  • La médecine de précision personnalisée intègre données génomiques, modes de vie et facteurs environnementaux pour une approche thérapeutique individualisée.
  • De nouveaux modèles de recherche, tels que les organoïdes et les essais cliniques « parapluie » et « panier », accélèrent le développement de médicaments et améliorent leur taux de réussite.
  • L’intégration de données massives et de l’intelligence artificielle permet d’optimiser la santé publique et de concevoir des interventions préventives plus ciblées.

La recherche en santé connaît une révolution grâce à la convergence de la biologie moléculaire et des nouvelles technologies. La médecine de précision personnalisée (MPP) – une approche qui adapte les traitements aux caractéristiques individuelles de chaque patient – redéfinit non seulement les soins, mais aussi la manière dont la science progresse.

C’est dans ce contexte que la Fondation Roche Institut, en collaboration avec l’Hôpital Universitaire de la Fondation Jiménez Díaz (HUFJD) et son Institut de recherche en santé, a organisé la 21e Conférence internationale sur la recherche translationnelle et la médecine de précision personnalisée. L’événement, intitulé « La recherche à l’ère de la médecine de précision personnalisée », a rassemblé des experts de renom qui ont exposé comment la MPP remodèle l’écosystème de la recherche en santé à l’échelle mondiale, du laboratoire aux essais cliniques, en passant par la santé publique et le numérique.

Selon le Dr Ruth Véra, responsable du service d’oncologie médicale à l’Hôpital universitaire de Navarre, la recherche clinique évolue vers des modèles plus flexibles et efficaces. Elle explique :

« Nous passons d’essais rigides à des conceptions dynamiques axées sur le profil moléculaire du patient. »

Dr Ruth Véra, responsable du service d’oncologie médicale à l’Hôpital universitaire de Navarre

Cette évolution permet de réduire les délais de développement des médicaments et d’accroître leur taux de succès grâce à des stratégies innovantes comme les essais parapluie (plusieurs traitements pour un même cancer en fonction de son altération génétique) et les essais panier (un même médicament pour différents types de tumeurs présentant une mutation commune). Les études N-sur-1 et les conceptions adaptatives, soutenues par la biopsie liquide, l’intelligence artificielle et le Big Data, permettent d’ajuster le traitement en temps réel en fonction de la réponse individuelle, ouvrant la voie à une médecine plus prédictive et personnalisée.

Le Dr Marina Pollán, directeur de l’Institut de Santé Carlos III, a souligné que la médecine de précision personnalisée s’étend désormais à la santé publique. La santé publique de précision utilise l’intégration de vastes ensembles de données génomiques, environnementales et de style de vie pour concevoir des interventions préventives plus efficaces.

« Il ne s’agit plus seulement d’appliquer des mesures générales à l’ensemble de la population, mais plutôt d’identifier des sous-groupes spécifiques partageant des risques pour agir spécifiquement, optimisant ainsi les campagnes de dépistage et les programmes de prévention. »

Dr Marina Pollán, directeur de l’Institut de Santé Carlos III

Dans le domaine de la recherche biomédicale, le Dr Federico Rojo, chef du service d’anatomie pathologique de l’HUFJD, a mis en évidence l’importance de la pathologie numérique et moléculaire pour une meilleure compréhension de l’architecture des maladies. La MPP stimule également le développement de nouveaux modèles cellulaires, tels que les organoïdes (ou « mini-organes ») et les organes sur puce, qui reproduisent avec une grande précision les tissus et les organes humains, offrant ainsi une alternative plus réaliste aux modèles traditionnels pour l’étude de l’évolution des maladies et le test de nouveaux médicaments.

Le Dr Carmen Ayuso, chef du département de génétique de l’HUFJD et directeur scientifique de l’IISFJD-UAM, a insisté sur la transformation profonde de l’architecture de la recherche en santé induite par la MPP.

« La génétique est le moteur de cette transformation scientifique ; elle permet de développer des modèles de recherche beaucoup plus précoces et prédictifs, capables d’identifier les risques polygéniques et de valider de nouvelles thérapies ciblées ou marqueurs pharmacogénomiques. »

Dr Carmen Ayuso, chef du département de génétique de l’HUFJD et directeur scientifique de l’IISFJD-UAM

Ce changement de paradigme accélère le transfert des résultats au patient grâce à une prévention stratifiée et fournit à la science des outils de précision, tels que des biomarqueurs avancés et des algorithmes d’intelligence artificielle, pour optimiser la validation des hypothèses et la découverte de solutions thérapeutiques plus efficaces et plus sûres.

Enfin, le Dr Borja Ibánez, directeur du département de recherche clinique du CNIC et cardiologue à l’hôpital universitaire Fundación Jiménez Díaz, a présenté le potentiel de la MPP dans la prévention des maladies athéroscléreuses, grâce à l’intégration de technologies d’imagerie avancées et à l’analyse de biomarqueurs moléculaires permettant de détecter la maladie à ses stades les plus précoces.

Lors de la clôture de la conférence, Mme Consuelo Martín de Dios, directrice générale de la Fondation Roche Institut, a souligné que cette nouvelle approche de la recherche est essentielle à la durabilité du système de santé :

« L’application de la médecine personnalisée de précision dès les premiers stades de la recherche nous permet d’identifier des cibles thérapeutiques qui non seulement accélèrent l’arrivée de traitements innovants, mais garantissent également que chaque intervention est la plus appropriée, réduisant ainsi les délais et les coûts et optimisant ainsi les ressources du Système National de Santé. »

Mme Consuelo Martín de Dios, directrice générale de la Fondation Roche Institut

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