Publié le 2025-10-31 14:48:00. La sonde japonaise Hayabusa2 se prépare à une mission d’exploration audacieuse vers l’astéroïde KY26, mais découvre que sa cible est bien plus petite et tourne bien plus vite qu’anticipé, posant des défis inédits pour l’atterrissage et l’analyse.
- L’astéroïde KY26, objectif de la mission Hayabusa2 en 2031, a été révélé être beaucoup plus petit (11 mètres) et tourner plus rapidement (5 minutes) que les estimations initiales.
- Ces nouvelles données, issues d’observations de télescopes de pointe comme le Very Large Telescope (VLT) de l’Observatoire Européen Austral (ESO), intensifient le défi pour la sonde.
- La mission vise à étudier la structure des petits astéroïdes, cruciaux pour la défense planétaire et potentiellement pour l’exploitation des ressources spatiales futures.
Initialement, les astronomes pensaient que KY26 mesurait environ 30 mètres de diamètre et effectuait une rotation complète en une dizaine de minutes. Cependant, des observations récentes, notamment celles réalisées par le Très Grand Télescope (VLT) de l’ESO au Chili, ont révélé une réalité bien différente. L’astéroïde ne ferait que 11 mètres de diamètre, soit à peine un tiers de la taille estimée. Sa rapidité de rotation est également surprenante, avec un cycle complet de seulement cinq minutes. Pour mettre les choses en perspective, cet astéroïde de la taille d’une petite maison pourrait tenir dans le dôme d’un des télescopes du VLT.
Cette découverte rend la future approche d’Hayabusa2 « encore plus intéressante, mais aussi beaucoup plus difficile », a souligné Olivier Hainaut, astronome à l’ESO, cité par Space.com. La sonde, déjà créditée d’un grand succès suite à sa mission sur l’astéroïde Ryugu en 2020, où elle avait collecté et ramené des échantillons sur Terre, se dirige désormais vers KY26 sous l’égide de l’Agence d’exploration aérospatiale japonaise (JAXA). L’objectif est d’atteindre cette cible céleste en 2031.
L’étude de petits corps comme KY26 revêt une importance capitale. Ces astéroïdes, souvent qualifiés d’astéroïdes géocroiseurs, passent fréquemment à proximité de la Terre et représentent un danger potentiel s’ils pénètrent dans notre atmosphère. Les recherches actuelles visent donc à mieux comprendre leur structure et leur composition, offrant un nouvel espoir pour la recherche en matière de défense planétaire. L’étude de ces objets les plus petits, semblables à celui qui a percuté Chelyabinsk en Russie en 2013, pourrait être facilitée par cette mission. En outre, ces travaux ouvrent des perspectives pour l’exploration des astéroïdes et l’éventuelle exploitation future des ressources spatiales.
Toni Santana-Ros, astronome à l’Université d’Alicante et chef de l’équipe d’observation, estime que KY26 est probablement composé de roche solide, et non d’un amas de poussière ou de débris. Cependant, d’autres hypothèses ne peuvent être exclues avant l’arrivée de la sonde. Ces découvertes importantes ont été publiées dans la revue Nature Communications le 18 septembre 2025.