Publié le 2025-10-29 09:34:00. Une lipoprotéine moins connue que le cholestérol LDL, la Lp(a), pourrait être un indicateur clé du risque cardiovasculaire futur. Stable tout au long de la vie, elle offre une perspective différente sur la prévention, notamment chez les populations spécifiques.
- La Lp(a) présente une structure moléculaire distincte du LDL et varie très peu au fil des ans, en faisant un marqueur fiable du risque cardiovasculaire futur.
- Le gène LPA régit la production de cette protéine, déjà liée aux maladies coronariennes, suggérant un rôle causal potentiel.
- Une seule analyse sanguine suffit généralement à évaluer le niveau de risque lié à la Lp(a), dont les valeurs sont stables durant toute la vie.
Contrairement au LDL, dont les taux fluctuent significativement en fonction du régime alimentaire, de l’âge ou des traitements, la Lipoprotéine (a) – ou Lp(a) – se distingue par sa stabilité. « La Lp(a) a un arrangement moléculaire différent. Le LDL varie beaucoup : si le patient mange mal ou vieillit, il augmente ; s’il mange bien ou prend des médicaments contre le cholestérol, celui-ci diminuera. La lipoprotéine (a) variera très peu tout au long de la vie. C’est donc un marqueur d’un risque défavorable dans le futur [même si tout semble bien aller maintenant] », explique le Dr Bruno Paolino, cardiologue à l’Uerj.
Le gène LPA joue un rôle déterminant dans la quantité de cette protéine présente dans le sang. Les chercheurs ont déjà établi un lien entre des niveaux élevés de Lp(a) et un risque accru de maladies coronariennes, potentiellement mortelles. Cette découverte ouvre la voie à de nouvelles stratégies de prévention et de traitement. Les femmes affichent généralement des concentrations de Lp(a) supérieures à celles des hommes, avec une légère augmentation observée pendant la ménopause. Cependant, les experts débattent encore de la nécessité d’interventions spécifiques à ce stade de la vie, privilégiant une évaluation individuelle des risques.
L’origine ethnique peut également influencer les niveaux de Lp(a). Il est constaté que 40 % des personnes d’ascendance afro-américaine présentent des taux élevés. Chez les populations d’origine européenne et sud-asiatique, cette proportion atteint 20 % pour des valeurs supérieures à 50 mg/dL, tandis qu’elle est inférieure à 10 % en Asie de l’Est. Des recherches supplémentaires sont néanmoins nécessaires pour mieux cerner ces disparités entre les groupes ethniques.
Quel est le but de Lp(a) ?
Les recommandations suggèrent de débuter le dépistage de la Lp(a) dès l’âge de 30 ans. Une vigilance accrue est particulièrement conseillée chez les personnes de 50 ans et plus, période où le risque de complications cardiovasculaires comme les crises cardiaques, les AVC et les thromboses atteint son apogée. « C’est là que la vérification de cette lipoprotéine sera très utile pour orienter la prévention et, éventuellement, le traitement », précise le Dr Edmo. L’évaluation globale des antécédents familiaux de maladies cardiovasculaires, du tabagisme, du mode de vie sédentaire, du diabète, de l’hypertension et des taux de cholestérol est essentielle pour définir la stratégie de prise en charge la plus adaptée.