Publié le 2024-05-16 14:35:00. L’ascension de la compagnie aéronautique chinoise Comac suscite l’inquiétude chez Airbus et Boeing, alors que le constructeur bénéficie d’un marché intérieur florissant et comble les lacunes laissées par les retards de production de ses concurrents occidentaux.
- Comac est confrontée à des obstacles majeurs en matière de certification internationale, limitant son expansion hors de Chine.
- Le marché intérieur chinois, représentant environ 20 % de la demande mondiale d’avions, offre à Comac une base solide.
- Les retards de production chez Airbus et Boeing créent des opportunités pour Comac et attirent l’attention des acteurs de l’industrie du Golfe et d’Asie.
La compagnie aéronautique chinoise Comac, bien que relativement nouvelle sur la scène internationale, gagne rapidement en crédibilité et représente un défi croissant pour les géants de l’aviation Airbus et Boeing. Si ses ambitions sont grandes, plusieurs facteurs freinent actuellement son développement à l’échelle mondiale, notamment les difficultés à obtenir les certifications nécessaires pour opérer en dehors de la Chine.
À ce jour, le C919, le modèle phare de Comac, n’a été certifié que par les autorités de régulation chinoises. L’obtention de l’approbation des agences occidentales, telles que l’Agence de la sécurité aérienne de l’Union européenne (AESA) et la Federal Aviation Administration (FAA) des États-Unis, est cruciale pour permettre aux compagnies aériennes étrangères d’exploiter cet appareil sur leurs lignes. Les régulateurs européens estiment que le processus d’approbation pourrait prendre de trois à six ans, malgré les efforts de Comac pour accélérer la procédure.
Cependant, plusieurs éléments expliquent pourquoi Comac est désormais prise plus au sérieux. En premier lieu, la Chine constitue un marché intérieur immense, représentant environ 20 % de la demande mondiale d’avions. Cette base solide permet à Comac de se développer avant même de chercher à s’implanter à l’international. De plus, les difficultés de production rencontrées par Airbus et Boeing, qui se traduisent par des retards de livraison importants, ouvrent des opportunités pour de nouveaux acteurs. Des leaders industriels du Golfe et d’Asie suivent de près l’évolution de la situation.
Comac ne se contente pas de construire des avions ; elle investit également dans un réseau mondial de vente, de maintenance et de formation, et expose ses appareils lors de salons internationaux, comme celui de Dubaï. L’entreprise ne se limite pas au C919 et travaille déjà sur des avions plus gros, ainsi que sur des modèles supersoniques, témoignant d’une stratégie à long terme ambitieuse.