Publié le 6 février 2026. Une comète interstellaire, 3I/ATLAS, a révélé des molécules organiques essentielles à la vie lors de son passage près du Soleil, offrant aux scientifiques de précieuses informations sur les origines de la matière cosmique grâce aux observations du télescope SPHEREx de la NASA.
- La comète 3I/ATLAS a libéré des molécules organiques telles que le méthanol, le cyanure et le méthane.
- Une augmentation de la luminosité de la comète a été observée après son approche du Soleil, due à la sublimation de gaz comme l’eau, le dioxyde de carbone et le monoxyde de carbone.
- Le télescope SPHEREx a permis de détecter des matériaux riches en carbone, enfermés sous la surface de la comète pendant des milliards d’années.
Des scientifiques de la NASA ont étudié la comète interstellaire 3I/ATLAS en décembre 2025 grâce à la mission SPHEREx, un télescope infrarouge conçu pour cartographier l’ensemble du ciel et étudier les origines de l’univers. Cette observation a permis de collecter des données importantes sur les objets rares traversant notre système solaire.
L’analyse des données a révélé la présence de plusieurs molécules organiques, dont le méthanol, le cyanure et le méthane. Bien que ces molécules soient à la base des processus biologiques sur Terre, elles peuvent également se former par des processus non biologiques. La découverte de ces composés dans une comète interstellaire suggère que les éléments constitutifs de la vie pourraient être présents dans tout l’univers.
L’équipe de recherche a également constaté une augmentation significative de la luminosité de la comète environ deux mois après son approche la plus proche du Soleil. Ce phénomène est dû à la sublimation, c’est-à-dire le passage direct de l’état solide à l’état gazeux, de la glace présente à la surface de la comète. Ce processus libère des gaz tels que l’eau, le dioxyde de carbone et le monoxyde de carbone dans l’espace, créant une fine atmosphère appelée coma.
« La comète 3I/ATLAS est entrée complètement en éruption dans l’espace en décembre 2025, après avoir volé près du Soleil, provoquant un éclaircissement significatif de celle-ci. Même la glace d’eau se sublime rapidement en gaz dans l’espace interplanétaire. »
Carey Lisse, responsable de l’étude du laboratoire de physique appliquée de Johns Hopkins
Les chercheurs ont également observé que la comète libère divers matériaux riches en carbone, qui étaient auparavant enfermés profondément sous sa surface. Ces matériaux comprennent des molécules organiques, de la suie et de la poussière de roche, typiques des comètes anciennes.
Un aspect intéressant de l’activité de la comète est que son pic d’activité ne coïncide pas nécessairement avec son point d’approche le plus proche du Soleil. La chaleur met du temps à pénétrer dans les couches externes de la comète, de sorte que la glace plus profonde ne se sublime qu’après un certain délai. Les observations d’août avaient montré une activité relativement modeste, mais celles de décembre ont révélé une activité beaucoup plus intense et une composition plus diversifiée.
« Les comètes ont passé des siècles à traverser l’espace interstellaire et ont probablement formé des croûtes en raison de processus de radiation. L’énergie du Soleil finit par pénétrer dans la couche, chauffant la glace pure et libérant des produits chimiques qui n’ont pas été exposés depuis des milliards d’années. »
Phil Korngut, scientifique de l’instrument SPHEREx
Outre les gaz, les observations ont également montré l’éjection de matériaux rocheux. La poussière éjectée est relativement grosse, ce qui l’empêche d’être repoussée loin du noyau de la comète par la pression de rayonnement solaire.
La mission SPHEREx, lancée le 11 mars 2025, a pour objectif de cartographier l’ensemble du ciel dans 102 longueurs d’onde infrarouges, afin de rechercher les origines de l’univers et les éléments constitutifs de la vie. Fin 2025, SPHEREx avait achevé la première de ses quatre cartes infrarouges du ciel, comme prévu. La position du télescope permet également d’étudier les comètes.
« Notre télescope spatial unique a collecté des données sans précédent. »
Yoonsoo Bach, co-responsable de l’étude
La comète 3I/ATLAS a été détectée pour la première fois par le télescope d’enquête ATLAS au Chili le 1er juillet 2025. Sa vitesse et sa trajectoire ont immédiatement permis aux scientifiques de déterminer qu’elle provenait de l’extérieur de notre système solaire. Depuis cette découverte, diverses missions de la NASA continuent de suivre sa trajectoire et d’analyser sa composition, afin de mieux comprendre la formation des systèmes stellaires et planétaires.