Publié le 26 février 2024. Une nouvelle approche thérapeutique combinant un virus oncolytique et l’immunothérapie montre des résultats prometteurs chez les patientes atteintes d’un cancer du sein agressif, en particulier celles présentant une maladie résiduelle après chimiothérapie.
- L’essai clinique « PROMETHEUS » a révélé un taux de réponse pathologique complète de 25 % chez les patientes traitées.
- Cette combinaison s’avère particulièrement efficace dans les tumeurs de type HR+/HER2, avec un taux de réponse de 30 %.
- L’étude confirme l’importance d’une activation immunitaire robuste et d’une modification du microenvironnement tumoral.
Face aux cancers du sein HR+/HER2 négatifs – les plus fréquents – la chimiothérapie néoadjuvante, administrée avant la chirurgie, est souvent nécessaire pour améliorer le pronostic. Cependant, les patientes présentant encore des cellules cancéreuses après cette phase de traitement ont un risque de rechute plus élevé. C’est pourquoi la recherche de nouvelles thérapies pour ces cas spécifiques est cruciale.
Les résultats de l’essai de phase II « PROMETHEUS » (SOLTI-1503), publié dans la revue Communications Nature, ouvrent une voie encourageante. L’étude a évalué l’association du virus oncolytique Talimogene laherparepvec (T-VEC) avec l’immunothérapie par l’atezolizumab. Sur les 28 patientes incluses, 7 (25 %) ont obtenu une réponse pathologique complète, c’est-à-dire l’absence totale de cellules tumorales après le traitement.
L’analyse des sous-types tumoraux a révélé une efficacité accrue dans les tumeurs HR+/HER2, avec un taux de réponse de 30 %, contre 12,5 % dans les tumeurs triple négatives. Les chercheurs ont également observé une activation significative du système immunitaire, caractérisée par une augmentation des lymphocytes infiltrant la tumeur (TIL), une expression accrue de PD-L1 et une activation des signaux immunitaires. Ces éléments confirment la capacité de cette stratégie à remodeler le microenvironnement tumoral et à stimuler la réponse immunitaire contre le cancer.
Avec un suivi médian d’environ quatre ans, aucune rechute n’a été constatée chez les patientes ayant obtenu une réponse pathologique complète, soulignant ainsi la valeur pronostique de cette réponse dans cette population.
« ‘PROMETHEUS’ est la première étude à explorer la combinaison de l’immunothérapie intratumorale et du blocage de PD-L1 dans le cancer du sein résiduel avant la chirurgie. Ce type d’études est particulièrement difficile à réaliser, mais leur succès démontre que la recherche universitaire peut ouvrir de nouvelles voies de traitement et générer des connaissances d’une grande valeur biologique et clinique. »
Aleix Prat, chercheur principal de l’étude et directeur du Clinic Barcelona Comprehensive Cancer Center
Tomás Pascual, membre du conseil d’administration de SOLTI et oncologue médical au Clínic Barcelona Comprehensive Cancer Center, a souligné que « ‘PROMETEO’ démontre que même les tumeurs habituellement peu immunogènes, comme les tumeurs hormonales, peuvent répondre aux stratégies d’immunothérapie locales ». Il ajoute :
« Cette découverte ouvre une ligne de recherche très prometteuse pour la majorité des personnes atteintes d’un cancer du sein qui ont aujourd’hui peu d’alternatives au-delà de la thérapie endocrinienne. En outre, l’étude reflète la façon dont les essais à fenêtre d’opportunité pilotés par les groupes universitaires peuvent générer des preuves précieuses et former une nouvelle génération de chercheurs cliniques. »
Tomás Pascual, oncologue médical, Clínic Barcelona Comprehensive Cancer Center
Bien que le médicament T-VEC ne soit pas destiné à poursuivre son développement clinique dans cette indication, les chercheurs insistent sur la valeur de « PROMETEO » en tant que preuve de concept. L’étude démontre qu’il est possible d’induire une inflammation tumorale et de remodeler le microenvironnement dans le cancer du sein résistant, ouvrant ainsi la voie à la recherche d’autres virus oncolytiques et de combinaisons immunothérapeutiques.
L’étude « PROMÉTHÉE », promue par SOLTI, a inclus 28 patientes et a bénéficié du soutien d’Amgen et de Roche. Toutes les analyses translationnelles ont été réalisées au Laboratoire de Génomique Translationnelle et Thérapies Ciblées sur les Tumeurs Solides, dirigé par le Dr Aleix Prat, au Clínic Barcelona Comprehensive Cancer Center.