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La physiothérapie fait son chemin pour améliorer la santé

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Publié le 2023-11-02 10:00:00. Alors que le mouvement Movember encourage traditionnellement les hommes à cultiver leur moustache pour sensibiliser à leur santé, l’Hôpital Universitaire Vall d’Hebron met cette année un coup de projecteur sur la santé sexuelle masculine, un domaine encore trop souvent tabou.

  • La dysfonction érectile, loin d’être une fatalité liée à l’âge, peut être le premier signe de maladies cardiovasculaires ou de diabète.
  • Des affections comme la maladie de La Peyronie ou l’éjaculation précoce sont traitables et ne doivent pas être ignorées.
  • La physiothérapie andrologique, une discipline en plein essor, offre des solutions ciblées pour retrouver bien-être et confiance.

Le mois de novembre, marqué par la mobilisation Movember, se consacre chaque année aux cancers de la prostate et des testicules, ainsi qu’à la santé mentale des hommes. Cette année, l’Hôpital Universitaire Vall d’Hebron a choisi d’élargir le débat en abordant la santé sexuelle masculine, un aspect crucial du bien-être souvent négligé.

À l’initiative du Collège des physiothérapeutes de Catalogne, la première Conférence de physiothérapie andrologique s’est tenue à l’hôpital, rassemblant des experts pour discuter de l’évaluation et de la prise en charge de troubles tels que la dysfonction érectile ou l’éjaculation précoce. « Parler de santé sexuelle masculine n’est pas courant dans les consultations ou dans les médias, mais c’est un sujet qui touche des milliers d’hommes et qui est encore entouré de tabous », souligne le Dr Raül Cocera, urologue spécialisé en andrologie à la Vall d’Hebron.

La dysfonction érectile, un possible signal d’alerte

Près de 50 % des hommes de plus de 40 ans seraient touchés par la dysfonction érectile. Pourtant, par gêne ou par résignation face à l’âge, nombreux sont ceux qui ne consultent pas. « Derrière ces dysfonctionnements, il peut y avoir d’autres pathologies, comme le diabète ou des problèmes cardiovasculaires. La dysfonction érectile peut être le premier avertissement d’une maladie systémique », prévient le Dr Cocera.

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) considère la santé sexuelle comme une composante fondamentale du bien-être. Néanmoins, les conversations sur la sexualité, le plaisir ou les difficultés comme la perte d’érection restent souvent empreintes de tabous. « La première étape est de pouvoir en parler », insiste le Dr Cocera. « Lors de la consultation, nous essayons de créer un espace de confiance pour que le patient puisse s’exprimer naturellement et comprendre qu’un dysfonctionnement n’est pas seulement un problème physique, mais aussi émotionnel et relationnel. »

Maladie de La Peyronie, éjaculation précoce et autres troubles

Parmi les affections courantes, la maladie de La Peyronie se distingue. Elle se manifeste par la formation de tissu fibreux à l’intérieur du pénis, entraînant une courbure anormale, des douleurs et une perte de longueur. « Les pénis, comme les gens, ne sont pas tous pareils. Une certaine courbure peut être normale, mais lorsqu’elle empêche la pénétration ou provoque des douleurs, il faut aller chez le médecin », rappelle le Dr Cocera. Si la maladie disparaît rarement spontanément, la physiothérapie et la thérapie par traction peuvent atténuer les symptômes.

L’éjaculation précoce ou les douleurs pelviennes chroniques sont également des motifs fréquents de consultation, souvent liés à des facteurs émotionnels ou à des dysfonctionnements du plancher pelvien. « Chez l’homme, l’incontinence urinaire est moins fréquente que chez la femme, mais elle peut apparaître après une chirurgie de la prostate. Dans ces cas, une rééducation et une kinésithérapie spécifiques sont indispensables », explique Àlex Ginés, responsable de l’équipe de physiothérapeutes au Service de Médecine Physique et de Réadaptation de l’Hôpital Universitaire Vall d’Hebron.

La physiothérapie andrologique : une discipline en plein essor

Peu connue mais en pleine croissance, la physiothérapie appliquée à la santé sexuelle masculine s’avère être un outil précieux. « Nous savons que de nombreux hommes auront des problèmes ou des dysfonctionnements de la prostate résultant d’interventions chirurgicales. La physiothérapie peut être un outil très utile pour retrouver fonctionnalité et confiance », souligne Àlex Ginés, également vice-doyen du Collège des physiothérapeutes de Catalogne.

Une approche multidisciplinaire impliquant urologues, physiothérapeutes et psychologues est essentielle pour une prise en charge globale. « Souvent, le problème est lié au tonus musculaire du plancher pelvien ou à une réponse de tension involontaire. Le travail par la physiothérapie aide à améliorer la fonction érectile et le contrôle de l’éjaculation, mais aussi à réduire la douleur et l’anxiété qui y est associée », précisent Cristina Cucalon, Laura Franco et Laura Camprubí, physiothérapeutes spécialisées dans le plancher pelvien. « On parle beaucoup du plancher pelvien féminin, mais les hommes en ont aussi », rappelle Cristina Cucalon.

L’équipe de quatre physiothérapeutes de la Vall d’Hebron travaille sur la zone péri-urinaire, englobant les sphères urinaire, rectale, sexuelle et le plancher pelvien. Par des exercices, des échographies ou la radiofréquence, ils traitent les dysfonctionnements liés à la vidange, à la rétention ou à la sphère sexuelle.

« Dans le cas du plancher pelvien, nous parlons des muscles qui font partie de la base du bassin et qui soutiennent les organes internes », explique Cristina Cucalon. « Nous pouvons trouver des dysfonctionnements tels que des douleurs pelviennes, qui peuvent apparaître après l’exercice ou après l’éjaculation ; ce tissu musculaire peut également se contracter ou présenter des problèmes de contrôle nerveux ou cérébral », ajoute Laura Camprubí. « Savoir où il se trouve et comment il fonctionne nous aide à travailler nos muscles et à maintenir un plancher pelvien sain. »

Confiance, intimité et conseils : la clé d’une meilleure santé

Face à ces problématiques, « il existe des dysfonctionnements qu’un homme ne peut pas résoudre seul, et il est préférable de consulter un professionnel, que ce soit un médecin de famille ou un urologue, pour faire un bilan et proposer un traitement individualisé », rappelle Cristina Cucalon. Le diagnostic repose sur divers examens, analyses, échographies ou études du débit sanguin afin de déterminer si la cause est organique ou psychologique. « Mais avant tout test, il faut écouter. L’empathie reste le meilleur outil de diagnostic », insiste l’urologue.

Le Dr Raül Cocera met en garde : « Faites confiance à votre urologue, pas au Dr Google. Ni à ChatGPT. Chaque cas est unique et nécessite une évaluation professionnelle. »

L’événement organisé le 4 octobre à Vall d’Hebron a permis de mettre sur la table un sujet jusqu’à présent timidement traité. « Il est important qu’un hôpital public favorise ce débat. La santé sexuelle fait partie du bien-être global, comme le rappelle l’OMS, et la physiothérapie a beaucoup à apporter », conclut Alex Ginés.

En ce mois de novembre, à l’occasion du mouvement Movember, les spécialistes insistent sur un message simple : en parler est le premier pas pour prendre soin de soi.

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