Le roi Charles III a autorisé son frère cadet, le prince Andrew, à conserver la médaille commémorative de la guerre des Malouines, malgré sa disgrâce et le retrait de tous ses titres militaires et honorifiques. Cette décision, confirmée par Buckingham Palace, intervient dans le sillage des révélations sur les liens de l’ancien duc d’York avec le financier américain Jeffrey Epstein, condamné pour crimes sexuels.
La médaille de l’Atlantique Sud, également connue en Argentine sous le nom de médaille des Malouines, est officiellement considérée comme une décoration décernée pour service actif, et non comme un honneur conféré par la Couronne. Cette distinction symbolise une période de service durant un conflit qui reste sensible dans les mémoires argentine et britannique. Le prince Andrew, alors âgé de 22 ans, a servi comme copilote d’hélicoptère Sea King durant la guerre de 1982, participant à des missions de combat dans l’Atlantique Sud.
Le ministère britannique de la Défense avait précédemment rétrogradé le prince Andrew au rang de vice-amiral, en cohérence avec son départ de la Royal Navy et la perte de ses autres titres. Sa dernière nomination honorifique remontait à 2015, mais elle avait été révoquée suite aux nouvelles informations concernant son association avec Jeffrey Epstein. Interrogé sur la possibilité qu’Andrew perde également ses médailles militaires, le secrétaire à la Défense John Healey avait précisé que ces distinctions « sont décernées pour le service » et que « comme pour son grade, nous suivrons les décisions prises par le roi ».
Pendant le conflit de 1982, l’une des tâches du prince Andrew consistait à servir de leurre pour les missiles argentins Exocet, un rôle jugé particulièrement risqué. À son retour à Portsmouth, il fut accueilli en héros par sa mère, la reine Elizabeth II. L’ancien duc d’York s’était vu décerner la Médaille de l’Atlantique Sud, avec une rosette supplémentaire pour ses performances au combat. Elle constitue désormais le seul symbole militaire que le fils d’Elizabeth II pourra conserver.
La question du maintien de cette médaille par le prince Andrew a suscité un vif débat au sein du ministère de la Défense et parmi les vétérans britanniques du conflit. Nombre d’entre eux ont averti que le retrait de cette distinction serait un affront moral. « Il a perdu toute dignité, tout respect et tout honneur qui lui ont jamais été témoignés », a déclaré à la presse Simon Weston, un vétéran gravement brûlé lors de l’attaque du navire RFA Sir Galahad. « Mais ce qu’on ne peut lui enlever, c’est ce moment de sa vie où il était digne, honorable et courageux. » Une autre source du ministère de la Défense, également vétéran des Malouines, a qualifié de « extraordinaire » l’idée de retirer la médaille, estimant qu’« instinctivement, si quelqu’un accomplit un acte de bravoure, il semble absurde de dire plus tard qu’il n’a rien fait de courageux ».
Une enquête de l’institut YouGov, menée auprès de près de six mille personnes, révèle des opinions partagées : 36 % soutiennent d’une manière ou d’une autre la suppression des médailles, tandis que 43 % s’y opposent et 22 % se déclarent indécis.
Andrew Mountbatten Windsor, âgé de 65 ans, a quitté la Royal Navy avec le grade de commandant. Sa promotion au rang de vice-amiral en 2015 s’inscrivait dans la politique d’alignement des promotions des membres de la famille royale sur celles de leurs homologues militaires. Cependant, le roi Charles III a récemment décidé de révoquer cette distinction, ainsi que tous ses titres, y compris celui de prince.
L’ancien duc d’York fait également l’objet de pressions pour quitter le Royal Lodge, sa résidence de 30 chambres située dans le domaine de Windsor. Selon la presse britannique, le Palais lui aurait ordonné de résilier son bail et de réduire ses dépenses personnelles, dans le cadre de la politique d’austérité promue par le nouveau monarque.