Publié le 18 février 2026 22:47:00. Une réforme constitutionnelle proposée par la Commission présidentielle pour la réforme de l’État prévoit une réduction du nombre de conseillers électoraux et une modification du financement des partis politiques, dans un contexte de volonté affichée d’austérité et de rationalisation du système électoral mexicain.
- La réforme vise à réduire le nombre de conseillers de l’Institut national électoral (INE) de 11 à 8.
- Le financement annuel des partis politiques serait diminué de 25 % par rapport aux montants actuels.
- Une augmentation du nombre de députés, passant de 500 à 508, est également envisagée, avec une modification de la répartition des sièges.
La Commission présidentielle pour la réforme de l’État a présenté un projet de 21 pages à la présidente Claudia Sheinbaum, qui propose des changements significatifs dans l’organisation et le financement des élections au Mexique. Ces propositions s’inscrivent dans une démarche plus large de rationalisation des dépenses publiques et de renforcement de l’efficacité du système électoral.
Selon le projet, les conseillers électoraux de l’INE seront élus selon le principe de la parité et exerceront un mandat de neuf ans, sans possibilité de réélection. Le poste de secrétaire général de l’INE sera maintenu. Le système actuel, qui permet aux représentants des partis politiques, aux conseillers du pouvoir législatif et au secrétaire exécutif de s’exprimer sans droit de vote, sera également conservé.
Les administrateurs actuels de l’INE termineront leur mandat en cours. Trois conseillers, Dania Ravel, Claudia Zavala et Jaime Rivera, quitteront leurs fonctions le 4 avril et seront remplacés conformément à la législation en vigueur. Jusqu’au 26 juillet 2029, le Conseil général de l’INE sera composé de onze membres, puis de neuf. La proposition souligne la nécessité d’une gestion de l’INE axée sur « la rationalité budgétaire et l’austérité républicaine ».
En ce qui concerne les Organismes Electoraux Publics Locaux (OPLE), ils seront composés d’un maximum de cinq personnes désignées par le Sénat à la majorité des deux tiers, pour un mandat de sept ans. Le Sénat publiera un appel public et nommera un comité technique d’évaluation composé de « cinq personnalités prestigieuses », dont trois désignées par les sénateurs et deux par la Commission nationale des droits de l’homme.
En cas de désaccord au Sénat, la Cour suprême de justice de la nation se réunira en séance publique pour trancher, en respectant le principe de la parité de genre. La désignation des membres de l’OPLE entrera en vigueur le 1er septembre 2027, et la législation des entités fédératives devra prévoir leur intégration.
Augmentation du nombre de députés
La proposition de la Commission présidentielle pour la réforme de l’État prévoit une augmentation du nombre de députés, passant de 500 à 508, dans un système mixte. 300 députés seront élus au scrutin majoritaire relatif, soit un par circonscription électorale.
Les 200 sièges restants seront attribués par représentation proportionnelle, mais avec une nouvelle formule : 100 seront attribués selon le système du pourcentage le plus élevé de suffrages individuels n’ayant pas obtenu la majorité, sur des listes décroissantes de femmes et d’hommes établies par chaque parti, ou « listes nationales fermées et non bloquées ». Huit députés supplémentaires représenteront la diaspora mexicaine, élus sur des listes fermées, non bloquées, sans candidats indépendants.
« Chaque parti présentera une liste composée de deux colonnes, l’une avec quatre femmes et l’autre avec quatre hommes résidant à l’extérieur du pays depuis plus de trois ans. Les électeurs pourront émettre une seule préférence dans chaque colonne. »
Document de la Commission présidentielle
Le nombre de préférences individuelles déterminera l’ordre de priorité sur chaque liste. La répartition des sièges de représentation proportionnelle se fera en fonction du pourcentage de voix national obtenu par chaque parti politique lors de l’élection. Les systèmes alterneront, en commençant par celui de la liste nationale, et le sexe alternera au sein de chaque liste. Concernant la diaspora, l’État garantit les droits des Mexicains résidant à l’étranger.
Quant au Sénat, 32 sénateurs élus par la voie plurinominale seront supprimés, ne laissant que 96 sièges. 64 sénateurs seront élus au scrutin majoritaire relatif dans les entités fédératives, soit deux par État. Les formules de candidature seront composées d’un homme et d’une femme, et au moins la moitié des entités fédératives verront une femme en tête de liste.
Financement des partis politiques
Selon la proposition, dont l’initiative devrait être présentée la semaine prochaine et qui bénéficie actuellement du soutien de Morena, le financement annuel alloué aux partis politiques pour leurs activités ordinaires sera réduit de 25 % par rapport aux montants actuels.
« Les économies seront réalisées en appliquant la formule suivante : 48,75 % de la valeur de l’UMA (Unidad de Medida y Actualización, unité de mesure et d’actualisation), multipliée par le nombre de personnes inscrites sur les listes électorales », précise le document.
Pendant les campagnes électorales, le financement serait augmenté jusqu’à atteindre 50 % du financement ordinaire. Il est également envisagé de modifier la répartition du financement ordinaire (30 % égalitaire et 70 % proportionnel) pour répondre aux demandes des petits partis, en passant à une répartition de 40 % égalitaire et 60 % proportionnel.
Les ressources publiques allouées aux candidatures indépendantes ne pourront être utilisées que pour les campagnes électorales. Les candidats indépendants pourront recevoir des dons privés, mais uniquement de la part de citoyens mexicains. Le plafond des cotisations pour les membres ou sympathisants des partis politiques et des candidats indépendants sera abaissé, passant de 3,3 millions de pesos par an à 850 UMAS par an, soit 99 713 pesos.