Les établissements de santé évoluent rapidement, privilégiant des soins de proximité, rapides et moins coûteux. Ce changement de paradigme se traduit par une multiplication des cliniques ambulatoires et des « hôpitaux sans lit », une tendance accentuée par les avancées technologiques et la pandémie de COVID-19.
Le marché des hôpitaux sans lit, estimé à 3,68 milliards de dollars américains (environ 3,4 milliards d’euros) en 2024, devrait atteindre 9,15 milliards de dollars américains (environ 8,5 milliards d’euros) d’ici à 2033, avec un taux de croissance annuel composé de 10,5 %. Cette croissance témoigne d’une transformation profonde de la manière dont les soins sont dispensés.
Plusieurs facteurs expliquent cette évolution. Les patients recherchent des services ambulatoires pratiques et de qualité, ainsi que des procédures mini-invasives. Les cliniques, notamment celles équipées de salles d’intervention et de services d’urgence, offrent des soins de haute qualité avec des séjours plus courts et un risque réduit d’infections nosocomiales.
L’intégration de technologies telles que la télésanté, la télémédecine et la surveillance à distance des patients permet de maintenir un niveau de soins équivalent à celui d’un hôpital traditionnel, sans nécessiter une hospitalisation prolongée. L’intelligence artificielle et l’analyse des mégadonnées contribuent également à une prise de décision plus éclairée et à une allocation optimisée des ressources.
La réduction des coûts est un autre avantage majeur. En éliminant les dépenses liées à l’entretien de lits d’hospitalisation, les établissements ambulatoires proposent un cadre plus économique pour une large gamme de services. Ce modèle de soins fondé sur la valeur encourage les prestataires à délocaliser leurs activités vers des environnements plus abordables.
La rapidité de mise en service est également un atout. Les hôpitaux sans lit bénéficient de procédures réglementaires et de licences simplifiées, ainsi que de plus de flexibilité en matière de choix de site et de zonage. Cela permet aux prestataires de répondre plus rapidement aux besoins de la communauté.
Par ailleurs, on observe une demande croissante pour des environnements ambulatoires spécialisés, notamment dans le domaine de la réadaptation. Les hôpitaux de soins aigus réduisent ou suppriment leurs unités de réadaptation intensive, orientant davantage les patients vers des établissements de réadaptation pour patients hospitalisés (IRF) autonomes, qui offrent une surveillance médicale étroite et une équipe de réadaptation spécialisée. La population vieillissante contribue à cette augmentation de la demande.
L’exemple de la clinique Phoenix 32nd Street VA, un établissement de 275 157 pieds carrés (environ 25 600 mètres carrés) répartis sur cinq étages à Phoenix, en Arizona, illustre cette tendance. Cette clinique, l’une des plus importantes des États-Unis, propose des consultations multidisciplinaires, de la télésanté, un centre éducatif, ainsi que des services de pathologie et d’imagerie.
À l’avenir, la conception des établissements de santé devra s’adapter à cette évolution, en privilégiant la décentralisation, l’efficacité et l’innovation technologique. L’objectif est de créer un écosystème de soins de santé plus accessible, plus résilient et mieux adapté aux besoins des communautés.