Publié le 18 février 2026 13:32:00. Des composants électroniques fabriqués en Irlande se retrouvent dans des drones kamikazes utilisés par la Russie contre des cibles civiles en Ukraine, malgré les sanctions européennes. Une enquête du Irish Times révèle un détournement de matériel via des intermédiaires, notamment en Chine.
- Près de 10 tonnes de composants électroniques irlandais ont été importées par la Russie en 15 mois, à partir de janvier 2024.
- Des antennes produites par la société irlandaise Taoglas et des capteurs de TE Connectivity ont été identifiés dans les drones Geran-2.
- Les entreprises irlandaises concernées affirment ne pas vendre directement à des entités facilitant le détournement de technologie vers la Russie.
Malgré l’embargo européen en vigueur depuis l’invasion de l’Ukraine en février 2022, la Russie parvient à s’approvisionner en composants électroniques essentiels à la fabrication d’armes. Une enquête approfondie du Irish Times met en lumière un réseau complexe de détournement, où des entreprises irlandaises, indirectement, contribuent à l’effort de guerre russe.
Selon l’enquête, un peu moins de 10 tonnes (environ 9 072 kg) de composants provenant d’entreprises basées en Irlande ont atteint la Russie entre janvier 2024 et février 2026. Ces importations sont réalisées non pas directement par les fabricants, mais par l’intermédiaire de sociétés de vente en gros et d’exportation, souvent basées en Chine.
L’enquête précise que 1,3 tonne d’antennes fabriquées par Taoglas, une entreprise basée à Enniscorthy (Co. Wexford), ont été importées par la Russie en 2024. Ces antennes, d’un poids de seulement 9 grammes chacune, permettent d’équiper jusqu’à 144 000 drones. Selon les estimations, ce volume de matériel est suffisant pour fabriquer 36 000 drones kamikazes Geran-2, une arme largement utilisée par l’armée russe pour cibler les infrastructures civiles et saper le moral des populations ukrainiennes.
Des analyses non publiées des services de renseignement ukrainiens ont également révélé la présence de puces fabriquées par Taoglas dans les systèmes de guidage des drones Geran-2, ainsi que de nombreux autres composants provenant d’entreprises européennes. De plus, des capteurs produits par TE Connectivity, une autre société irlandaise basée à Co Galway, ont été retrouvés dans ces mêmes drones.
Contactée par le Irish Times, Taoglas a publié un communiqué affirmant :
« Nous ne vendons pas et ne vendrons à aucune entité identifiée comme facilitant le détournement de technologie vers la Russie. »
TE Connectivity a quant à elle déclaré :
« Nous sommes fermement engagés dans notre politique de non-expédition directe ou indirecte de nos produits vers la Russie ou vers tout pays sanctionné et continuerons à communiquer cette politique avec nos partenaires de distribution et à exiger leur conformité. »
Vous pouvez consulter l’enquête complète du Irish Times ici.