Publié le 22 février 2026 00:43:00. Les autorités russes imposent l’utilisation de l’application de messagerie Max à tous les employés du secteur public, suscitant des inquiétudes quant à la surveillance généralisée et à la protection des données personnelles.
Dans un contexte de contrôle numérique accru, les institutions et entreprises municipales russes ont reçu l’ordre de déployer intégralement Max Messenger auprès de leur personnel et de centraliser toutes les communications officielles sur cette plateforme. Le non-respect de cette directive est désormais considéré comme une faute disciplinaire, et la direction doit rendre compte du taux d’adoption de l’application par ses employés.
L’application Max, lancée en septembre 2025, est présentée par le gouvernement russe comme un « messager national », une alternative aux plateformes étrangères. Elle est désormais préinstallée sur tous les smartphones vendus en Russie, incitant les citoyens à migrer depuis d’autres applications de messagerie. Plus d’informations sur le lancement de Max.
Depuis son lancement, Max a été critiqué pour de nombreux dysfonctionnements et, surtout, pour son potentiel de censure et de contrôle étatique. Les utilisateurs ont exprimé leur inquiétude quant à l’absence de cryptage de bout en bout, les messages étant stockés sur les serveurs de VK, accessibles aux services de sécurité russes. Des experts en droits numériques qualifient l’application d’outil de surveillance.
Selon les témoignages des utilisateurs, Max sollicite en permanence un accès à un large éventail de fonctionnalités du smartphone – appareil photo, microphone, géolocalisation, contacts, données biométriques, Bluetooth et messages – tout en collectant les adresses IP et l’historique d’utilisation. Contrairement à d’autres applications, où les utilisateurs peuvent limiter le suivi, Max rendrait ces autorisations obligatoires et serait difficile à désinstaller, fonctionnant potentiellement avec un accès au niveau racine, une caractéristique souvent associée aux logiciels malveillants.
Une analyse de l’application par des experts de GitHub a révélé que Max active l’appareil photo du smartphone toutes les 5 à 10 minutes pour prendre des photos, enregistre potentiellement le son ambiant, collecte des données de contact et enregistre même le texte saisi mais non envoyé.
La principale préoccupation des utilisateurs réside dans le caractère étatique de Max et la crainte que toutes les données personnelles soient transférées au FSB (Service fédéral de sécurité) et potentiellement utilisées à leur encontre. Interrogé à ce sujet, le Kremlin n’a pas démenti la possibilité d’une surveillance via l’application.
Max est également en cours d’intégration aux services russes de comptabilité et d’identification, créant ainsi un système centralisé de contrôle numérique des employés du secteur public dans les territoires temporairement occupés.