Publié le 2024-06-18 14:30:00. Une épidémie de coqueluche, une maladie infectieuse particulièrement dangereuse pour les nourrissons, inquiète les autorités sanitaires locales, avec plusieurs cas confirmés au sein des communautés indigènes du Venezuela et du Brésil.
- Six cas de coqueluche ont été confirmés chez des enfants indigènes, et cinq autres sont en cours d’investigation.
- Les nourrissons de moins d’un an sont les plus vulnérables à la maladie et présentent un risque accru de complications.
- La vaccination reste la principale mesure de prévention, et les autorités rappellent l’importance de maintenir à jour le calendrier vaccinal.
L’apparition de cas de coqueluche, une maladie bactérienne hautement contagieuse, a mis en alerte le Département municipal de santé. L’épidémie se concentre actuellement sur les communautés indigènes yanomami, vénézuéliennes et brésiliennes, où l’accès aux soins de santé est souvent difficile. À ce jour, six enfants ont été officiellement diagnostiqués, et cinq autres cas sont activement étudiés par les équipes épidémiologiques.
Selon Edmilla Carneiro, coordinatrice des maladies transmissibles du service municipal de santé, les enfants de moins d’un an sont particulièrement à risque. « Nous enquêtons sur une épidémie au sein d’une population indigène, une population vulnérable qui a des difficultés d’accès aux soins », a-t-elle expliqué. Les enfants diagnostiqués sont pris en charge et orientés vers l’Hospital da Criança Santo Antônio (HCSA), où des enquêtes et des collectes de données sont menées pour suivre l’évolution de la situation et limiter la propagation de la maladie.
Qu’est-ce que la coqueluche ?
La coqueluche est une infection respiratoire causée par la bactérie Bordetella pertussis. Elle peut affecter les personnes de tous âges, mais les nourrissons, en particulier ceux de moins de six mois qui n’ont pas encore terminé leur schéma vaccinal, sont les plus susceptibles de développer des complications graves, nécessitant parfois une hospitalisation.
Edmilla Carneiro décrit deux phases distinctes de la maladie. La première phase, fébrile, se manifeste par des symptômes similaires à ceux de la grippe : fièvre, toux et écoulement nasal. La seconde phase, dite paroxystique, se caractérise par des crises de toux intenses et répétées, qui peuvent persister jusqu’à six semaines.
« La première semaine, la coqueluche ressemble beaucoup à une grippe classique, avec de la fièvre, de la toux et un écoulement nasal. Vient ensuite la phase paroxystique, c’est-à-dire lorsque les symptômes de la toux persistent. Des toux répétées, très fortes, qui ne disparaissent pas et peuvent parfois entraîner un essoufflement, des vomissements et peuvent durer jusqu’à six semaines. »
Edmilla Carneiro, coordinatrice des maladies transmissibles du service municipal de santé
Vaccination
La vaccination est le moyen de prévention le plus efficace contre la coqueluche. Elle fait partie du calendrier national de vaccination et est disponible gratuitement dans les Unités de Santé de Base (UBS) de la commune. « Les vaccinations sont systématiques et sont disponibles dans les UBS qui disposent d’une salle de vaccination. La plupart des unités offrent ce service », a précisé Edmilla Carneiro.
Le calendrier vaccinal des enfants comprend le vaccin pentavalent, administré à 2, 4 et 6 mois, ainsi que des rappels avec le vaccin DTP (diphtérie, tétanos, coqueluche) jusqu’à l’âge de 7 ans. Il est également recommandé aux femmes enceintes de se faire vacciner avec le vaccin DTPa à partir de la 20e semaine de grossesse et pendant la période post-partum, afin de protéger leur bébé.
La vaccination est conseillée non seulement aux enfants et aux femmes enceintes, mais également aux adultes. « Une femme enceinte vaccinée protège son bébé. Il est donc essentiel que les femmes enceintes et les mères dans les premiers jours du post-partum consultent un professionnel de santé. Parfois, les adultes présentent des symptômes légers, mais peuvent transmettre l’infection aux enfants. Il est donc important que les adultes recherchent également un traitement en cas de symptômes », a-t-elle souligné.
Lignes directrices et traitement
Le Département municipal de la santé invite la population à être attentive aux symptômes de la coqueluche, notamment une toux persistante, et à consulter rapidement un médecin en cas de signes de gravité, tels que des difficultés respiratoires, une coloration bleutée de la peau ou une détérioration de l’état général de l’enfant. Un traitement antibiotique peut être prescrit après évaluation médicale.
Edmilla Carneiro a conclu en insistant sur l’importance de maintenir à jour le carnet de vaccination des enfants, des femmes enceintes, des professionnels de la santé, du personnel des écoles et des garderies, ainsi que des autres groupes prioritaires, afin de prévenir efficacement la propagation de la maladie.
« Nous renforçons l’importance de maintenir à jour le carnet de vaccination et de solliciter les formations sanitaires pour obtenir des conseils et des vaccinations, notamment dans le cas des jeunes enfants, des femmes enceintes et des groupes prioritaires. »
Edmilla Carneiro, coordinatrice des maladies transmissibles du service municipal de santé