Publié le 7 novembre 2025. La Chine fait face à une situation de l’emploi tendue, exacerbée par une pression croissante sur les étudiants universitaires. Ces derniers, confrontés à un environnement académique ressemblant de plus en plus à celui du lycée, dénoncent un manque d’autonomie et une compétition acharnée qui pèseraient sur leur bien-être psychologique.
- La tendance à l’« enseignement secondaire » à l’université étouffe le développement de l’autonomie et de la personnalité des étudiants.
- Des cas de détresse psychologique, incluant des suicides, sont rapportés, liés à la pression académique intense et au manque de perspective.
- Les universités adoptent des méthodes de gestion strictes, similaires à celles du secondaire, allant jusqu’à impliquer les parents dans la supervision des études.
Les médias de Hong Kong tirent la sonnette d’alarme sur la détérioration du marché du travail en Chine. Cette conjoncture économique difficile pousse un nombre croissant d’étudiants à viser une poursuite d’études, transformant les universités en de nouvelles étapes de sélection académique intensive. Loin de l’indépendance et de l’exploration espérées, les jeunes se retrouvent plongés dans une atmosphère de compétition constante, où les notes priment sur les intérêts personnels, conditionnant l’accès aux bourses et aux cycles supérieurs.
Le quotidien hongkongais « Sing Tao Daily » rapporte que la pression n’a pas relâché les étudiants, même après les épreuves du baccalauréat. Les universités semblent adopter des modèles de gestion du secondaire, imposant des matinées et soirées d’étude, des classements et une surveillance accrue. Certains étudiants décrivent leur première année universitaire comme étant « pire que la terminale », soulignant la difficulté des cours professionnels dès la deuxième année.
Un témoignage particulièrement tragique fait état du suicide d’un étudiant en deuxième année au Tongren College de Guizhou, qui aurait sauté dans un lac du campus le mois dernier. Dans sa note de suicide, il faisait état d’une pression constante liée à l’auto-apprentissage matin et soir, et d’une année académique qui s’apparentait à une préparation continue pour des certificats ou des admissions ultérieures. « J’avais hâte de ne plus avoir à étudier le soir, mais il a fallu que je continue pendant une année universitaire entière… » déplorait-il.
Sur les réseaux sociaux chinois, le malaise est palpable. Les étudiants expriment leur déception face à une réalité universitaire loin de leurs rêves d’indépendance. La culture de la compétition dégrade les relations entre camarades, transformés en rivaux pour l’accès aux études supérieures. De plus, les méthodes de gestion des établissements se font de plus en plus contraignantes, incluant la mise en place de groupes WeChat dédiés aux parents pour assurer une supervision continue de leurs enfants.
Le fondement de l’enseignement universitaire, qui devrait s’articuler autour de l’innovation, de la responsabilité sociale et de la pensée critique, semble être érodé. L’environnement actuel, marqué par la compétition et le contrôle, étouffe la liberté, l’enthousiasme et la curiosité, entravant le développement de personnalités autonomes et résilientes.