Séoul, Corée du Sud – La sœur de Kim Jong Un a réagi vivement aux récentes accusations nord-coréennes de vols de drones par la Corée du Sud, tout en appelant Séoul à prendre des mesures plus fermes pour éviter de nouvelles incursions et menaçant de représailles « terribles » en cas de récidive. Cette affaire intervient à un moment délicat, alors que les perspectives de reprise des négociations intercoréennes semblent s’éloigner.
- Kim Yo Jong a qualifié de « raisonnable » les regrets exprimés par un ministre sud-coréen, mais les a jugés insuffisants.
- La Corée du Nord menace de représailles en cas de nouvelles violations de sa souveraineté aérienne.
- Les accusations de vols de drones pourraient être liées à des considérations politiques internes en Corée du Nord.
La déclaration de Kim Yo Jong, publiée vendredi, fait suite aux « profonds regrets » exprimés mardi par le ministre sud-coréen de l’Unification, Chung Dong-young, concernant les vols présumés de drones au-dessus de la Corée du Nord. Chung avait souligné la volonté de Séoul de parvenir à une « reconnaissance mutuelle et une coexistence pacifique » entre les deux Corées, divisées depuis la guerre de Corée.
La Corée du Nord avait déjà menacé de représailles le mois dernier, après avoir accusé la Corée du Sud d’avoir lancé des drones de surveillance en septembre et en janvier. Séoul a nié avoir utilisé des drones pendant les périodes spécifiées par Pyongyang, mais la police enquête actuellement sur trois civils soupçonnés d’avoir fait voler des drones vers le Nord depuis les zones frontalières.
Kim Yo Jong a estimé que les commentaires de Chung Dong-young constituaient un « comportement raisonnable », mais a insisté sur le fait qu’ils ne suffisaient pas. Elle a exigé que Séoul prenne des mesures plus énergiques pour empêcher de telles activités à l’avenir.
« Je préviens à l’avance que la répétition de provocations telles que la violation de la souveraineté inaliénable de la RPDC (République populaire démocratique de Corée) provoquera sûrement une réponse terrible »
Kim Yo Jong, sœur de Kim Jong Un
Elle a également averti que « différents plans de contre-attaque sont sur la table et l’un d’eux sera choisi sans aucun doute et il ira au-delà de la proportionnalité », sans toutefois préciser de quelle manière.
Selon des analystes, les accusations nord-coréennes concernant les drones pourraient être motivées par des considérations politiques internes, notamment par la volonté d’apaiser les sentiments anti-coréens à l’approche du congrès du Parti des travailleurs au pouvoir, prévu pour la fin février. La Corée du Nord pourrait d’ailleurs ajouter une déclaration du leader Kim Jong Un sur un système hostile à « deux États » dans la péninsule coréenne à la constitution du parti lors de ce congrès, le premier du genre en cinq ans.
Les relations entre les deux Corées sont au point mort depuis 2019, et les vols de drones constituent une nouvelle source de tension. Il n’y a eu aucune discussion publique entre les deux pays depuis lors, et cette affaire risque de compromettre davantage les perspectives d’une reprise des négociations, notamment dans le contexte d’une impasse nucléaire persistante.