Publié le 2025-11-05 10:11:00. Pour renforcer la protection des soldats face aux menaces chimiques et biologiques, un nouveau dispositif de test révolutionnaire a été mis en œuvre. Le « Breeze Tunnel » de TNO permet d’évaluer l’efficacité des équipements de protection dans des conditions réalistes, grâce à une simulation précise de la propagation d’aérosols.
- Le Breeze Tunnel, développé par TNO en partenariat avec le Centre canadien de recherche et de développement pour la défense (CRDC), simule la dispersion d’agents chimiques ou biologiques.
- Des nanoparticules de sel sont utilisées pour imiter les caractéristiques aérodynamiques des particules d’agents nocifs.
- Des centaines de capteurs embarqués par les militaires et sur les équipements permettent d’analyser en temps réel les infiltrations d’aérosols lors de mouvements physiques.
Situé au sein de l’unité de défense, sûreté et sécurité de TNO, le Breeze Tunnel est une soufflerie de recherche spécifiquement conçue pour les menaces CBRN (chimiques, biologiques, radiologiques, nucléaires). Cet environnement contrôlé offre une maîtrise précise des flux d’air, de la température, de l’humidité et des concentrations de particules. Contrairement aux souffleries traditionnelles, son objectif est de recréer la propagation d’aérosols, ces minuscules particules qui miment le comportement des agents chimiques et biologiques.
Dans le cadre de ces recherches, des nanoparticules de sel ont été privilégiées. « Le sel possède des propriétés aérodynamiques très proches de celles des particules d’agents chimiques et biologiques qui sont les moins bien retenues par les équipements », a expliqué un porte-parole de TNO. Le tunnel permet de moduler la concentration, la vitesse et la direction du nuage d’aérosols. Grâce à un réseau dense de capteurs et de conduits de ventilation, TNO peut ainsi simuler des scénarios où des soldats évoluent dans des atmosphères contaminées, y compris lors d’efforts physiques tels que la course, le saut ou le port de charges lourdes.
Des capteurs à la seconde pour une analyse fine
Pour mener ces tests, les installations étaient bardées de centaines de points de mesure. Les militaires participants étaient équipés de capteurs intégrés à leurs combinaisons, à leur casque et au système de connexion avec leur masque à gaz. Ces dispositifs enregistraient en continu la concentration d’aérosols parvenant à franchir les barrières de protection.
« Cette approche nous a permis d’identifier précisément quel mouvement ou quelle posture du corps pouvait être à l’origine d’une micro-fuite. Les capteurs mesurent la quantité de particules qui pénètrent dans l’équipement chaque seconde et corrèlent ces données aux enregistrements vidéo des mouvements des sujets. »
Un porte-parole du CRDC
L’OmniCount, un outil de mesure précis
La qualité de l’air, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des masques, a été mesurée à l’aide de l’OmniCount, un appareil portable développé par TSI. Fixé dans le dos du militaire et relié au masque par un tube, cet instrument compact mesurait simultanément la concentration de particules de sel. Le facteur de protection, calculé comme le ratio entre les concentrations intérieure et extérieure, était ainsi déterminé.
Les données recueillies par les capteurs étaient transmises sans fil à un système centralisé dans la salle de contrôle de la soufflerie. Là, elles étaient combinées aux analyses vidéo et aux données sur les flux d’air pour dresser un tableau complet du comportement des systèmes de protection.
Évaluation systémique plutôt que par composants
Auparavant, les tests de masques à gaz et de combinaisons de protection se déroulaient majoritairement de manière isolée, dans des laboratoires clos. Le Breeze Tunnel révolutionne cette approche en permettant d’évaluer l’équipement dans son intégralité, comme un système cohérent.
« Il ne s’agit pas uniquement de la capacité d’un masque à filtrer, mais aussi de son adaptation à un casque ou à une combinaison lors de mouvements intenses. La combinaison de la soufflerie, de la technologie des aérosols et du réseau de capteurs nous offre pour la première fois la possibilité de mesurer cela de manière réaliste. »
Un porte-parole de TNO
L’installation permet également de manipuler des variables critiques telles que la vitesse du vent et la direction du panache d’aérosols. Les chercheurs peuvent ainsi étudier l’impact des turbulences ou des vents latéraux sur la dispersion – des facteurs déterminants en conditions réelles de combat.
Des données précieuses pour l’optimisation
Les premiers résultats mettent en évidence que les efforts physiques importants ou certaines postures peuvent accroître le risque de fuite. Des mouvements mineurs du masque ou des contacts avec d’autres éléments de l’équipement peuvent provoquer des infiltrations temporaires. Les données collectées par les capteurs permettent de localiser précisément ces incidents et de déterminer leur fréquence. Ces analyses ouvrent la voie à l’amélioration non seulement de l’efficacité des équipements actuels, mais aussi des protocoles d’utilisation et des futures conceptions.
Perspectives d’avenir pour la technologie
Selon TNO, le Breeze Tunnel s’est avéré être une plateforme d’essai extrêmement polyvalente pour des mesures combinées des flux d’air, de la dispersion des particules et des mouvements corporels. La prochaine étape consiste à étendre cette méthodologie de mesure à des systèmes opérationnels complets, tels que des véhicules, des tentes ou des dispositifs d’évacuation.