Publié le 11 février 2026 à 08h55. Des chercheurs de l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) ont réussi à restaurer la mémoire de souris âgées, et même de celles atteintes de la maladie d’Alzheimer, grâce à une thérapie génique ciblant spécifiquement les cellules impliquées dans la mémorisation.
- Une équipe de l’EPFL a rajeuni les cellules engrammes, responsables du stockage des souvenirs, chez des souris.
- Les souris traitées ont montré des performances cognitives améliorées dans des tests standardisés, se rapprochant de celles des jeunes souris.
- Cette recherche offre un espoir nouveau pour le développement de traitements contre le déclin cognitif lié à l’âge et les maladies neurodégénératives.
Longtemps considérée comme irréversible, la perte de mémoire liée à l’âge pourrait ne pas être une fatalité. Une étude révolutionnaire, publiée mardi par des chercheurs de l’EPFL, remet en question cette idée reçue en démontrant la possibilité de restaurer la fonction de certaines cellules cérébrales clés.
L’équipe du neuroscientifique Johannes Gräff a mis au point une thérapie génique permettant d’activer temporairement trois facteurs de reprogrammation dans des neurones spécifiques impliqués dans la mémoire, appelés cellules engrammes. Ces cellules, qui s’activent lors de l’apprentissage et de la mémorisation, perdent de leur efficacité avec l’âge ou en cas de maladies neurodégénératives, entraînant des troubles de la mémoire et de l’apprentissage.
Les résultats sont particulièrement encourageants : même des souris atteintes de la maladie d’Alzheimer ont retrouvé des capacités cognitives comparables à celles de jeunes souris après le traitement. Les animaux ont pu réapprendre des stratégies plus efficaces et mémoriser des informations spatiales à long terme.
« Cette étude est une preuve de concept importante », explique l’EPFL dans un communiqué. Elle démontre qu’il est possible de restaurer la fonction d’un groupe spécifique de neurones, même après le début du déclin cognitif. Cependant, les chercheurs soulignent que l’application de cette thérapie à l’homme est encore lointaine et nécessitera de nombreuses recherches supplémentaires.
Les souvenirs ne sont pas stockés de manière uniforme dans le cerveau, mais plutôt dans de petits groupes de cellules nerveuses spécialisées, les engrammes. En ciblant spécifiquement ces cellules, l’équipe de l’EPFL a pu obtenir des résultats significatifs sans affecter l’ensemble du cerveau. La thérapie génique a été administrée par injection directe dans les régions cérébrales concernées.
Les performances cognitives des souris ont été évaluées à l’aide de tests standardisés, mesurant leur capacité à s’orienter dans un environnement inconnu et à se souvenir de ce qu’elles ont appris. Les souris âgées traitées ont obtenu des résultats significativement supérieurs à ceux des animaux témoins non traités.