Publié le 26 février 2026 10:12:00. Une étude internationale révèle que la vaccination contre la COVID-19, en particulier avec une dose de rappel, réduit significativement le risque de prééclampsie chez les femmes enceintes, une complication potentiellement grave de la grossesse.
- La vaccination contre la COVID-19 diminue le risque de prééclampsie de 33 % chez les femmes ayant reçu une dose de rappel.
- L’infection par le SARS-CoV-2 pendant la grossesse est associée à une augmentation de 45 % du risque de prééclampsie, ce chiffre atteignant 78 % chez les femmes non vaccinées.
- Les femmes enceintes présentant des conditions médicales préexistantes (diabète, hypertension, troubles thyroïdiens) bénéficient d’une réduction du risque de prééclampsie de 42 % grâce à la vaccination avec une dose de rappel.
Une vaste étude menée par le consortium INTERCOVID, regroupant des chercheurs de l’Université d’Oxford et d’autres institutions internationales, a analysé les données de plus de 6 500 femmes enceintes issues de 18 pays entre 2020 et 2022. Les résultats, publiés dans la revue eClinicalMedicine, mettent en évidence un lien protecteur entre la vaccination contre la COVID-19 et la prévention de la prééclampsie, indépendamment de l’infection au virus.
La prééclampsie, caractérisée par une hypertension artérielle et la présence de protéines dans les urines après la 20e semaine de grossesse, constitue une cause majeure de morbidité et de mortalité maternelle et périnatale. Les chercheurs soulignent que cette complication partage des facteurs de risque clés avec la COVID-19, notamment l’inflammation et le dysfonctionnement vasculaire.
L’étude a révélé que les femmes vaccinées avec une dose de rappel présentaient également un risque réduit d’accouchement prématuré (diminution de 33 %), de morbidité maternelle et périnatale (diminution de 32 %) et de mortalité (diminution de 29 %). Ces bénéfices étaient particulièrement marqués chez les femmes diagnostiquées avec la COVID-19.
Les caractéristiques des participantes ont également été analysées. Les femmes vaccinées avec une dose de rappel étaient généralement plus âgées, plus instruites, plus susceptibles d’être mariées ou de vivre en couple, et moins susceptibles de travailler en dehors du domicile. Elles présentaient également moins d’infections autres que la COVID-19, et étaient plus enclines à prendre des multivitamines et de l’aspirine, deux facteurs connus pour réduire le risque de prééclampsie. Cependant, elles fumaient moins, consommaient plus d’alcool, avaient moins d’enfants et prenaient moins de suppléments de calcium, des facteurs qui pourraient influencer le risque de prééclampsie.
Les chercheurs insistent sur la nécessité de poursuivre les recherches pour mieux comprendre les mécanismes sous-jacents à la prééclampsie et l’interaction entre le système immunitaire, les infections et la vaccination. Ils mettent en garde contre un possible biais de sélection lié aux taux de vaccination et la nécessité de tenir compte de potentielles variables de confusion.
Référence
Cavoretto PI et al. Statut vaccinal contre le COVID-19 pendant la grossesse et risque de prééclampsie : la cohorte de l’ère pandémique du consortium INTERCOVID. EClinicalMedicine. 2026;DOI:10.1016/j.eclinm.2026.103785.