Home Santé L’alliance ComPrEmetidos promeut les alternatives à long terme à la PrEP et un modèle décentralisé

L’alliance ComPrEmetidos promeut les alternatives à long terme à la PrEP et un modèle décentralisé

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Publié le 2025-11-03 18:07:00. Une alliance d’experts appelle à une refonte stratégique pour éradiquer le VIH en Espagne, soulignant les lacunes actuelles en matière de dépistage et d’accès aux traitements préventifs comme des freins majeurs.

  • Près de la moitié des diagnostics de VIH en Espagne sont tardifs, et 11 000 à 12 000 personnes ignorent encore leur statut sérologique.
  • La prophylaxie pré-exposition (PrEP) peine à atteindre les populations les plus à risque en raison d’un modèle de santé trop centralisé et de critères d’accès restrictifs.
  • L’innovation thérapeutique, notamment les formulations à longue durée d’action, et une approche axée sur l’équité sont jugées cruciales pour inverser la tendance.

Malgré les avancées médicales, le VIH demeure un enjeu de santé publique en Espagne qui exige des réponses urgentes et une transformation profonde des stratégies actuelles. C’est le message fort relayé lors d’une journée organisée au Congrès des députés par l’alliance multidisciplinaire ComPreMed. En collaboration avec Gilead, cette initiative a dévoilé son document « 10 besoins, 10 actions pour promouvoir la prévention du VIH », une feuille de route ambitieuse visant à atteindre les objectifs de l’ONUSIDA pour une « transmission zéro » et à mettre fin à l’épidémie. Cette feuille de route, fruit du travail de 19 experts issus de 14 entités scientifiques et communautaires, prône une réforme stratégique axée sur l’équité et la suppression des barrières d’accès.

Le diagnostic tardif constitue l’un des obstacles les plus significatifs. Actuellement, près de 49% des diagnostics de VIH en Espagne interviennent tardivement. Ce constat est d’autant plus préoccupant que l’on estime entre 11 200 et 12 000 personnes à ne pas connaître leur statut sérologique. De plus, malgré les efforts, plus de 3 000 nouveaux diagnostics de VIH sont enregistrés chaque année depuis 2021. Pour contrer cette « infection cachée », ComPrEmetidos propose de systématiser et d’automatiser le dépistage du VIH dans les soins primaires et d’assurer un suivi rigoureux de toutes les personnes diagnostiquées. Il est également primordial, après un résultat négatif aux tests VIH/IST, de garantir l’accès aux programmes de prévention combinée.

La prophylaxie pré-exposition (PrEP), un outil essentiel de la prévention combinée, se heurte à un « goulot d’étranglement » en Espagne, limitant considérablement son efficacité. Reyes Velayos, membre du conseil d’administration de CeSIDA, déplore un « écart évident entre ceux qui ont besoin de la PrEP et ceux qui peuvent réellement y accéder », malgré la robustesse du système de santé. Cette inégalité s’explique en grande partie par un modèle actuel privilégiant la centralisation hospitalière, avec une prise quotidienne de comprimés et des contrôles réguliers en milieu hospitalier. Ce modèle, couplé à un manque de points d’accès extra-hospitaliers, génère de longues listes d’attente et un engorgement, excluant de nombreuses personnes. À cela s’ajoutent des « critères restrictifs » qui ne tiennent pas compte de la diversité des besoins individuels. Il est estimé que près de 20% des initiations à la PrEP ne correspondent pas strictement aux critères actuels. Mar Vera, membre du groupe d’étude SEIMC IST, alerte : « Sans ressources suffisantes et sans structures adéquates, il est impossible de lancer un programme de prévention qui atteigne réellement les personnes qui en ont besoin. » L’objectif est un modèle décentralisé, proche des patients, qui s’adapte à leurs vies, en s’appuyant sur les soins primaires et en renforçant le soutien communautaire.

Ce manque d’accès affecte particulièrement les populations les plus vulnérables, telles que les migrants, les personnes trans, les travailleuses du sexe et celles vivant dans des situations d’exclusion socio-économique. Par exemple, alors que les femmes trans ont 66 fois plus de risques de contracter le VIH que la population générale, elles ne représentent que 1,4% des utilisateurs de PrEP. L’innovation pharmacologique est donc stratégique. La PrEP orale dépend de l’observance, et l’arsenal thérapeutique actuel ne répond pas aux besoins de tous. María Río, vice-présidente et directrice générale de Gilead Espagne et Portugal, souligne que « Chez Gilead, nous croyons fermement que la prévention n’est pas seulement une question clinique, c’est une question d’équité, de droits, de justice sociale. » L’intégration d’alternatives pharmacologiques innovantes, comme les formulations à longue durée d’action, pourrait marquer un « changement de paradigme » et un « bond en avant non seulement sur le plan clinique, mais aussi sur le plan social et en matière de santé publique. » Ces options sont cruciales pour les personnes confrontées à des limitations cliniques ou psychosociales qui entravent l’adhésion à la PrEP orale quotidienne. Inmaculada Jarrín, responsable de l’unité de coordination de la cohorte CoRIS, insiste sur la nécessité de « garantir un accès équitable aux programmes combinés de prévention, en les adaptant aux besoins de chacun. »

Pour surmonter ces obstacles, il est essentiel de renforcer la formation des professionnels de la santé et du social, dont l’ignorance peut engendrer stigmatisation et discrimination, rendant difficile l’identification des personnes à risque. L’alliance ComPrEmetidos rappelle la « responsabilité collective » de garantir les ressources structurelles et humaines nécessaires pour éradiquer le sida en tant que problème de santé publique d’ici 2030. Il est également souligné l’importance de la sensibilisation des citoyens au VIH par des campagnes éducatives, et d’optimiser l’enregistrement et le suivi de la PrEP en améliorant les systèmes d’information.

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