Publié le 19 octobre 2025 12:53 EST. D’importantes divergences entre les chiffres officiels et ceux des grands hôpitaux au [Pakistan](https://www.wikipedia.org/wiki/Pakistan) soulèvent de sérieuses inquiétudes quant à la gestion de la surveillance des maladies, alors que la province du [Sind](https://www.wikipedia.org/wiki/Sindh) fait face à une urgence sanitaire croissante liée à la dengue.
- Le département provincial de la santé a déclaré 819 cas de dengue, tandis que trois hôpitaux de Karachi et un laboratoire d’Hyderabad rapportent plus de 12 000 infections en six semaines.
- Seul un décès lié à la dengue est officiellement enregistré depuis juillet, contredit par des sources médicales indépendantes évoquant six décès.
- La situation est aggravée par la multiplication des cas de paludisme, apparus plus tôt que d’habitude.
Au [Pakistan](https://www.wikipedia.org/wiki/Pakistan), la gestion de la crise sanitaire semble laisser à désirer. Alors que le département provincial de la santé du [Sind](https://www.wikipedia.org/wiki/Sindh) fait état de seulement 819 cas de [dengue](https://www.wikipedia.org/wiki/Dengue) pour l’année en cours, les données compilées dans trois grands hôpitaux de Karachi et un laboratoire public à Hyderabad révèlent un bilan bien plus alarmant : plus de 12 000 infections recensées en six semaines seulement. Ces chiffres, rapportés par le quotidien Dawn, suggèrent une épidémie largement sous-estimée par les autorités.
La discrepancy ne s’arrête pas aux cas de dengue. Le gouvernement n’a officiellement répertorié qu’un seul décès lié à la maladie depuis juillet. Cependant, des sources médicales indépendantes avancent un bilan plus lourd, faisant état de six décès attribués à cette pathologie transmise par les moustiques, dont quatre à Hyderabad et deux à Karachi. L’Association médicale du [Pakistan](https://www.wikipedia.org/wiki/Pakistan) (PMA) s’est publiquement interrogée sur l’exactitude des statistiques officielles, pointant un possible manque de transparence et de rigueur dans la collecte des données.
Les chiffres issus des établissements hospitaliers privés et publics corroborent cette tendance préoccupante. L’hôpital Indus, l’hôpital national Liaquat et l’hôpital des maladies infectieuses du [Sind](https://www.wikipedia.org/wiki/Sindh) ont enregistré près de 3 000 cas de [dengue](https://www.wikipedia.org/wiki/Dengue) confirmés entre le 1er septembre et le 16 octobre. Le centre médical postuniversitaire Jinnah a ajouté 1 062 cas depuis juillet, tandis que l’hôpital universitaire Aga Khan a également fait part d’une augmentation sans précédent. À Hyderabad, le laboratoire de diagnostic et de recherche de l’université des sciences médicales et de la santé Liaquat a recensé 9 075 cas durant la même période.
Les experts de la santé attribuent cette flambée de [dengue](https://www.wikipedia.org/wiki/Dengue) à des problèmes d’assainissement, à la stagnation des eaux de pluie et à un manque criant de campagnes de fumigation. Le président de la PMA [Sind](https://www.wikipedia.org/wiki/Sindh), Bashir Ahmed Khaskheli, a vivement critiqué les autorités pour leur absence de collaboration avec les cliniques privées et les praticiens locaux dans le recueil des données, qualifiant les rapports officiels de « reflet trompeur de la situation sur le terrain ».
La crise sanitaire ne se limite pas à la [dengue](https://www.wikipedia.org/wiki/Dengue). Les chiffres officiels font état de 215 270 cas de [paludisme](https://www.wikipedia.org/wiki/Paludisme) dans l’ensemble du [Pakistan](https://www.wikipedia.org/wiki/Pakistan) cette année, mais les hôpitaux privés rapportent des bilans nettement plus élevés. Les médecins tirent la sonnette d’alarme, notant que le paludisme a fait son apparition près d’un mois plus tôt que d’ordinaire, assombrissant les perspectives de santé publique.
Malgré les assurances du ministre de la Santé, le Dr Azra Pechuho, concernant la mise en œuvre de campagnes de fumigation et d’une surveillance accrue, les experts soulignent que les infrastructures négligées en matière d’égouts et de drainage au [Pakistan](https://www.wikipedia.org/wiki/Pakistan) continuent de favoriser la prolifération des moustiques. Cette inadéquation croissante des données met en lumière un dysfonctionnement institutionnel profond, où le déni et l’inefficacité semblent permettre à des maladies pourtant évitables de devenir incontrôlables.