Publié le 9 février 2026. Une vaste étude menée par l’Université d’Oxford remet en question l’attribution de nombreux effets secondaires aux statines, ces médicaments largement prescrits pour réduire le cholestérol, et pourrait conduire à une meilleure information des patients.
- La plupart des effets secondaires couramment associés aux statines ne sont pas causés par les médicaments eux-mêmes, selon l’étude.
- Seuls quelques effets indésirables, comme les douleurs musculaires, une légère augmentation de la glycémie et des anomalies des tests hépatiques, ont été identifiés comme potentiellement liés aux statines.
- Les statines restent des médicaments essentiels qui sauvent des vies en prévenant les maladies cardiovasculaires.
Des millions de personnes à travers le monde prennent des statines pour contrôler leur taux de cholestérol et réduire le risque de crises cardiaques et d’accidents vasculaires cérébraux. Cependant, la crainte des effets secondaires persiste, et pourrait dissuader certains patients de bénéficier de ces traitements vitaux. Une nouvelle étude, publiée dans la revue médicale The Lancet, apporte des éléments rassurants en suggérant que la plupart de ces effets indésirables ne sont pas directement liés à la prise de statines.
Les chercheurs d’Oxford ont analysé les données de près de 124 000 participants (123 940 précisément) issus de 19 essais cliniques comparant les effets des statines à ceux d’un placebo. Les participants ont été suivis en moyenne pendant 4,5 ans après le début du traitement. Les résultats indiquent qu’il n’existe pas de risque significativement accru de perte de mémoire, de dépression, de troubles du sommeil, de dysfonction érectile, de prise de poids, de nausées, de fatigue ou de maux de tête chez les personnes prenant des statines par rapport à celles recevant un placebo.
« Les statines ne rendent pas ces effets courants plus fréquents. Le risque de ces problèmes est similaire entre ceux qui prennent des statines et ceux qui ne le prennent pas. »
Christina Reith, professeur agrégé à Oxford Population Health, auteur principal de l’étude
L’étude a néanmoins identifié quelques effets secondaires rares, mais potentiellement liés à la prise de statines. Environ 1 % des patients ont signalé des symptômes musculaires, généralement au cours de la première année de traitement. Une légère augmentation de la glycémie a également été observée, ce qui pourrait accélérer l’apparition du diabète chez les personnes déjà à risque. Enfin, des changements mineurs dans les tests hépatiques ont été constatés chez environ 0,1 % des participants, ainsi que des œdèmes (gonflements des jambes, des chevilles et des pieds) et de légers changements dans l’urine.
Malgré ces effets secondaires potentiels, les chercheurs soulignent que les bénéfices cardiovasculaires des statines l’emportent largement sur les risques. Le professeur Sir Rory Collins, co-auteur de l’étude, insiste sur la nécessité de mettre à jour les notices d’information des statines afin de fournir aux patients et aux médecins des informations plus précises et éclairées. Le professeur Bryan Williams, de la British Heart Foundation, qui a cofinancé l’étude, a ajouté que les statines sont des médicaments qui sauvent des vies et qu’environ la moitié des personnes qui pourraient en bénéficier au Royaume-Uni ne les prennent pas actuellement.
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