Publié le 11 février 2026 à 15h01. La Food and Drug Administration (FDA) américaine a surpris le monde scientifique en refusant d’examiner la demande d’homologation d’un nouveau vaccin contre la grippe développé par Moderna, malgré un avis préliminaire favorable, soulevant des inquiétudes quant à l’avenir de l’innovation vaccinale aux États-Unis.
- La FDA a rejeté la demande de Moderna pour son nouveau vaccin contre la grippe, estimant que les essais cliniques n’étaient pas conformes aux normes thérapeutiques.
- Cette décision intervient dans un contexte de remise en question des politiques de vaccination par l’administration américaine.
- Le vaccin de Moderna utilise une technologie innovante à base d’ARN messager (ARNm), permettant une adaptation plus rapide aux mutations virales.
La décision de la FDA a suscité l’émoi dans la communauté scientifique. L’agence américaine a justifié son refus en expliquant que les essais cliniques menés par Moderna comparaient le nouveau vaccin aux vaccins antigrippaux standards et non à ceux destinés aux populations les plus vulnérables. Selon une lettre officielle signée par le directeur du Centre d’évaluation biologique de l’administration, cette approche « ne reflète pas les meilleures normes thérapeutiques disponibles ».
Moderna se défend en affirmant avoir réalisé une comparaison avec un vaccin à forte dose chez les personnes de plus de 65 ans, tandis que les essais sur les patients plus jeunes utilisaient les vaccins standards. Ces divergences soulèvent des questions sur la pertinence des justifications avancées par la FDA.
Les données fournies par l’entreprise indiquent que le nouveau vaccin induit une réponse immunitaire plus forte que les vaccins actuels, sans effets secondaires significatifs. Malgré ces résultats encourageants, la FDA a envoyé une lettre de « refus de soumission » à Moderna, exigeant des informations supplémentaires sans préciser leur nature. Des sources internes indiquent que ce type de message est généralement émis par l’équipe d’évaluation et non par le directeur du centre.
Cette décision s’inscrit dans un contexte plus large de remise en question des programmes de vaccination par l’administration américaine. En janvier dernier, les autorités ont annoncé la fin de la recommandation de certains vaccins de routine pour les enfants, y compris ceux contre la grippe.
« Cette décision découragera les entreprises d’investir dans de futurs vaccins contre la grippe et rendra les relations avec la Food and Drug Administration des États-Unis instables et discutables »
Dorit Rice, professeure de droit à l’Université de Californie
Le nouveau vaccin de Moderna repose sur la technologie de l’acide ribonucléique messager (ARNm), une approche innovante qui a démontré une plus grande efficacité dans la prévention de certaines maladies et une capacité d’adaptation plus rapide aux mutations virales, un atout majeur face à l’évolution rapide des virus de la grippe. Cette technologie permet de concevoir et de produire des vaccins plus rapidement que les méthodes traditionnelles.
L’homologation de ce nouveau vaccin est actuellement en cours d’examen dans l’Union européenne, au Canada et en Australie. Parallèlement, le ministère américain de la Santé a modifié ses recommandations concernant les vaccins antigrippaux pour les enfants, introduisant une approche de « prise de décision participative » sans consulter d’experts externes ni de professionnels de santé.