Se lancer dans un projet de gestation pour autrui (GPA) soulève inévitablement de nombreuses questions, particulièrement concernant l’apparence du futur bébé. Un interrogatoire fréquent est de savoir si l’enfant ressemblera à la mère porteuse. La réponse à cette interrogation dépendra du type de GPA choisi, un aspect crucial pour les futurs parents.
Il existe deux grandes approches pour la gestation pour autrui : la GPA gestationnelle et la GPA traditionnelle. Les cadres légaux encadrant ces pratiques varient considérablement d’une juridiction à l’autre, rendant indispensable la consultation d’un expert juridique pour naviguer dans ces eaux complexes.
GPA gestationnelle : une dissociation génétique
Dans le cadre d’une GPA gestationnelle, la mère porteuse et l’enfant qu’elle porte ne partagent aucun lien biologique. Le processus débute par une fécondation in vitro (FIV). L’ovule et le spermatozoïde proviennent soit des futurs parents, soit de donneurs sélectionnés, permettant ainsi de créer l’embryon. Cet embryon est ensuite transféré dans l’utérus de la mère porteuse. Cette méthode, parfois appelée « maternité de substitution complète » ou « maternité par hébergement », implique que la mère porteuse ne contribue pas génétiquement. Dans la majorité des cas, au moins un des parents intentionnels sera biologiquement lié à l’enfant. D’un point de vue juridique, la GPA gestationnelle est souvent moins complexe que d’autres arrangements, car elle évite les procédures parfois lourdes comme l’adoption par un beau-parent.
GPA traditionnelle : un lien biologique direct
À l’inverse, la GPA traditionnelle implique que la mère porteuse est également la mère biologique de l’enfant. Pour ce faire, son propre ovule est utilisé pour la conception, que ce soit par FIV ou par insémination intra-utérine. L’union de cet ovule avec le sperme du futur père (ou d’un donneur) mène à la grossesse.
L’apparence de l’enfant : entre génétique et hasard
La question de savoir si le bébé ressemblera à la mère porteuse trouve sa réponse dans la distinction entre ces deux types de GPA.
Avec la GPA gestationnelle, le bébé ne ressemblera pas à la mère porteuse. En effet, l’embryon est issu des gamètes des parents intentionnels ou de donneurs. La mère porteuse assure le développement de l’enfant, mais n’apporte aucune contribution génétique. Les traits physiques de l’enfant, tels que la couleur des yeux, des cheveux ou les caractéristiques du visage, sont donc déterminés exclusivement par les parents génétiques ou les donneurs. Les mères porteuses jouent un rôle crucial pendant la grossesse, mais elles n’influencent en rien l’ADN de l’enfant.
En revanche, lors d’une GPA traditionnelle, puisque l’ovule de la mère porteuse est utilisé, l’enfant partagera son ADN et lui ressemblera. L’enfant présentera également des similitudes avec le donneur de sperme, qu’il s’agisse du futur père ou d’un donneur externe.
Il est important de noter que, même dans une GPA gestationnelle, le sperme et l’ovule pouvant être issus de différents donneurs ou des futurs parents, il existe une possibilité, bien que purement fortuite, que le bébé présente des traits ressemblant au père ou à l’un des parents intentionnels. Cependant, seule la GPA gestationnelle permet théoriquement à l’enfant de ressembler à sa future mère biologique.
Considérations importantes pour choisir la bonne méthode
La décision d’avoir recours à la GPA est une étape majeure qui nécessite de prendre en compte une multitude de facteurs : émotionnels, juridiques et financiers. Si la GPA gestationnelle présente généralement moins d’enjeux émotionnels et légaux, la GPA traditionnelle peut s’avérer une option pertinente pour réduire les coûts, ou lorsque l’on préfère éviter les donneurs anonymes, ou encore si trouver une donneuse d’ovules adéquate s’avère difficile.
Par ailleurs, l’apparence de l’enfant peut soulever des questions émotionnelles profondes pour certains parents. La possibilité qu’un enfant ne ressemble pas aux parents intentionnels, ou qu’il ressemble davantage à l’un des deux, peut être un élément déterminant dans le choix du type de GPA.
Le processus de sélection de la mère porteuse
Une fois la décision prise, la sélection de la mère porteuse adéquate est une étape primordiale.
Dans le cas d’une GPA gestationnelle, si l’on souhaite que l’enfant présente des traits ressemblant aux parents, il est possible de rechercher une mère porteuse gestationnelle dont l’apparence est proche de celle des futurs parents. Des agences spécialisées peuvent aider dans cette démarche.
Pour ceux qui optent pour la GPA traditionnelle, tout en acceptant que le bébé puisse ne ressembler qu’à l’un des futurs parents (celui dont le sperme est utilisé), l’aide d’une agence peut également faciliter la rencontre avec une mère porteuse adaptée.
Hasard et apparence dans la GPA gestationnelle
Il est possible, même dans le cadre d’une GPA gestationnelle, que le bébé présente, par pur hasard, des traits rappelant la mère porteuse ou même les futurs parents. Certaines mères porteuses témoignent recevoir des photos et des nouvelles des enfants qu’elles ont portés, et constatent parfois des ressemblances. Cela ne reflète pas un lien génétique, mais relève plutôt du hasard. Il est fréquent que des enfants présentent des similitudes avec des personnes de leur entourage, amenant potentiellement les parents intentionnels à projeter ou à interpréter ces ressemblances. Il est cependant essentiel de réitérer que, dans une GPA gestationnelle, le lien génétique n’existe pas avec la mère porteuse.