Publié le 26 février 2026 07:53:00. Des chercheurs ont mis au point une méthode d’analyse sanguine capable de distinguer le cancer de la vésicule biliaire d’autres maladies, même en présence ou en absence de calculs biliaires, ouvrant la voie à un diagnostic plus précoce de cette forme agressive de cancer.
- Une analyse métabolomique a permis d’identifier des marqueurs spécifiques dans le sang des patients atteints de cancer de la vésicule biliaire.
- Ces marqueurs diffèrent selon que le patient présente ou non des calculs biliaires.
- Cette découverte pourrait conduire à des tests sanguins non invasifs pour un dépistage plus rapide et efficace.
Le cancer de la vésicule biliaire, bien que rare dans la plupart des pays européens – avec un taux annuel généralement inférieur à 3 cas pour 100 000 habitants – présente une incidence beaucoup plus élevée dans certaines régions d’Asie et d’Amérique du Sud. Il est particulièrement fréquent dans le nord de l’Inde, au Chili et dans certaines zones d’Europe de l’Est. Malheureusement, ce cancer est souvent diagnostiqué à un stade avancé, ce qui compromet son pronostic.
La difficulté du diagnostic précoce réside dans la nature souvent discrète des premiers symptômes. De nombreux cas sont découverts fortuitement ou lorsque la maladie est déjà bien installée. Une équipe de l’Université de Tezpur, en collaboration avec des spécialistes de l’Université de l’Illinois Urbana-Champaign, a donc entrepris d’explorer de nouvelles pistes pour améliorer la détection de ce cancer.
Les chercheurs ont analysé le profil métabolique de trois groupes de patients : ceux atteints d’un cancer de la vésicule biliaire sans calculs biliaires, ceux atteints d’un cancer associé à des calculs biliaires, et enfin, des personnes souffrant de calculs biliaires mais ne présentant pas de cancer. Grâce à des techniques d’analyse avancées, ils ont identifié des centaines de métabolites modifiés, ces molécules résultant des processus métaboliques de l’organisme.
Plus précisément, 180 métabolites altérés ont été détectés chez les patients atteints d’un cancer sans calculs, et 225 chez ceux atteints d’un cancer accompagné de calculs biliaires. L’analyse a révélé des marqueurs spécifiques permettant d’établir un diagnostic précis pour chaque catégorie. Beaucoup de ces métabolites identifiés sont liés aux acides biliaires et aux dérivés d’acides aminés, des composés impliqués dans le développement et la progression des tumeurs.
L’analyse informatisée des données métaboliques, réalisée par l’équipe de l’Illinois, a permis de distinguer des schémas métaboliques distincts, démontrant que le profil lié au cancer varie en fonction de la présence ou de l’absence de calculs biliaires. Cette étude confirme donc que les modifications de certains métabolites dans le sang permettent de différencier clairement les cas de cancer de la vésicule biliaire avec et sans calculs biliaires.
Selon les chercheurs, cette découverte ouvre la voie au développement de tests sanguins simples et non invasifs pour un diagnostic plus précoce, notamment dans les régions à haut risque. Ils soulignent toutefois que des études multicentriques plus vastes sont nécessaires avant que ces résultats puissent être intégrés à la pratique clinique courante. L’étude a été publiée dans le Journal de recherche sur le protéome.