Paris, le 25 septembre 2025. Le PDG d’Instagram, Adam Mosseri, a tenu à démentir fermement les rumeurs selon lesquelles la plateforme écouterait les conversations privées de ses utilisateurs pour cibler la publicité. Il a expliqué les mécanismes d’un ciblage publicitaire qui, bien qu’efficace, ne repose pas sur l’espionnage vocal.
- Instagram dément écouter les conversations des utilisateurs via le microphone de leur téléphone.
- Le ciblage publicitaire s’appuie sur les interactions en ligne, les données des annonceurs et les comportements d’utilisateurs aux centres d’intérêt similaires.
- Meta utilisera bientôt les interactions avec ses outils d’IA pour personnaliser le contenu et les publicités.
Il est fréquent de constater que, peu après avoir évoqué un sujet avec un proche, des publicités relatives à ce sujet apparaissent sur Instagram. Cette coïncidence troublante a alimenté des soupçons de surveillance vocale. Adam Mosseri, le dirigeant de la plateforme, a reconnu être au courant de ces interrogations, mentionnant même que sa propre épouse lui avait posé la question à plusieurs reprises.
Face à ces inquiétudes récurrentes, Adam Mosseri a publié une vidéo afin de clarifier la situation. « Je le jure, nous n’écoutons pas votre microphone », a-t-il affirmé. Il a précisé que si une telle écoute clandestine était mise en œuvre, elle entraînerait une violation flagrante de la vie privée, une consommation excessive de la batterie du téléphone, et serait immédiatement détectable par des indicateurs visuels.
Le dirigeant d’Instagram a ensuite détaillé les véritables méthodes de ciblage publicitaire de la plateforme. Selon lui, plusieurs facteurs expliquent la pertinence des publicités affichées :
- Intérêts et recherches préalables : Un utilisateur peut avoir déjà interagi avec un produit en ligne, l’avoir recherché, ou avoir cliqué sur des publicités pertinentes avant même d’avoir eu la conversation.
- Partage de données avec les annonceurs : Instagram collabore avec des annonceurs qui partagent des informations sur les visiteurs de leurs sites web pour permettre un ciblage plus précis.
- Intérêts des amis et des cercles similaires : La plateforme analyse également les centres d’intérêt des amis d’un utilisateur et le comportement des personnes ayant des affinités similaires.
- Influence des publicités vues : Il est possible qu’une publicité ait déjà été vue par l’utilisateur, même brièvement, et ait influencé inconsciemment ses conversations ultérieures.
Instagram explique sur son site que la diffusion des publicités repose sur une combinaison d’activités des utilisateurs, sur et hors des plateformes de Meta. Cela peut inclure le suivi de l’activité en ligne via des cookies tiers, même sans être connecté à un compte Facebook.
Meta se tourne vers les conversations IA pour le ciblage
Si Instagram nie écouter les conversations humaines, il en va autrement des échanges avec ses outils d’intelligence artificielle. Le même jour que la vidéo de Mosseri, Meta a annoncé qu’elle commencerait à utiliser les interactions des utilisateurs avec ses chatbots pour personnaliser les publicités.
Dans un communiqué diffusé mercredi, l’entreprise a précisé : « Nous utiliserons bientôt vos interactions avec l’IA chez Meta pour personnaliser le contenu et les publicités que vous voyez, y compris des choses comme les publications et les Reels ». Cette mise à jour, qui entrera en vigueur le 16 décembre 2025, sera notifiée aux utilisateurs dès la semaine prochaine par le biais de notifications et d’e-mails.
Business Insider avait précédemment révélé que Meta améliorait ses chatbots en faisant appel à des travailleurs humains contractuels pour examiner les conversations entre les utilisateurs et les agents conversationnels. Un porte-parole de Meta avait alors assuré que l’entreprise appliquait des « politiques strictes » concernant la gestion des informations sensibles par ces travailleurs.
Adam Mosseri a également suggéré une explication plus simple à la perception de ciblage précis : le hasard. « Le pur hasard. Une coïncidence. Cela arrive », a-t-il concédé, tout en reconnaissant que cette explication ne convaincrait probablement pas tout le monde, lui qui a déjà dû par le passé réfuter des rumeurs similaires d’espionnage.