Publié le 2025-10-29 06:36:00. La première expulsion d’une personne vers Nauru dans le cadre d’un accord controversé, visant à réinstaller des non-citoyens sur cette île du Pacifique, suscite de vives inquiétudes quant aux droits de l’homme. Cet accord d’un montant d’un milliard de dollars australiens pourrait servir de précédent pour d’autres transferts.
- L’Australie a conclu un accord de 2,5 milliards de dollars australiens (environ 1,6 milliard de dollars américains) sur trente ans pour que Nauru accueille plusieurs centaines de non-citoyens expulsés.
- Des organisations de défense des droits humains critiquent cette politique, la comparant aux méthodes de l’administration américaine de Donald Trump et dénonçant un « abandon » de réfugiés.
- La Commission australienne des droits de l’homme a qualifié l’opération de « manque de transparence » et a rappelé que la responsabilité des droits humains demeure celle de l’Australie.
L’Australie maintient depuis une décennie une politique visant à dissuader l’immigration clandestine. Désormais, les demandeurs d’asile arrivant par bateau se voient refuser l’accès aux visas australiens et sont envoyés dans des centres de détention offshore pour l’examen de leur dossier. L’accord récent avec Nauru, une nation insulaire économiquement dépendante de l’aide extérieure, prévoit l’accueil de plusieurs centaines de personnes sous visas de 30 ans.
Selon le président de Nauru, David Adeang, réélu récemment, l’île a reçu 388 millions de dollars australiens pour cette première « cohorte spéciale ». Nauru, une île d’à peine 21 kilomètres carrés comptant 12 000 habitants, recevra également un paiement annuel distinct de 20 millions de dollars australiens, dont une partie financera le programme et le reste servira à des priorités budgétaires comme la santé et les repas scolaires.
« L’expulsion a été entourée de secret et révèle un manque de transparence inquiétant et soulève de graves préoccupations en matière de droits de l’homme. »
Lorraine Finlay, Commissaire australienne aux droits de l’homme
« Comme l’a clairement indiqué le Comité des droits de l’homme de l’ONU, l’externalisation de la gestion des demandeurs d’asile et des réfugiés n’exonère pas un État de ses responsabilités juridiques. »
Lorraine Finlay, Commissaire australienne aux droits de l’homme
La Commission australienne des droits de l’homme, organisme indépendant chargé de veiller au respect des engagements internationaux du pays en matière de droits humains, a émis ces critiques. Le ministre australien de l’Intérieur, Tony Burke, a confirmé que « lorsque le visa d’une personne est annulé, cette personne doit partir », sans toutefois préciser le nombre exact de personnes transférées, évoquant seulement la délivrance d’une « vingtaine de visas ».
Du côté de Nauru, le ministre de l’Intérieur Tawaki Kam a assuré la semaine dernière que l’île s’engageait à un accueil « humain et légal » des migrants. Il a également affirmé que les fonds reçus renforceraient la résilience économique de Nauru et que les personnes accueillies bénéficieraient de la liberté de mouvement, d’un traitement égal et d’un accès aux services essentiels.