Publié le 26 février 2026 à 02:14:00. Une étude menée dans le Bronx révèle que la pandémie de COVID-19 a exacerbé les inégalités socio-économiques en matière d’asthme, tout en ayant un impact variable sur les exacerbations de la maladie selon l’âge et le statut socio-économique.
- Les exacerbations de l’asthme ont initialement diminué après le début de la pandémie, mais ont ensuite rebondi, en particulier chez les enfants.
- Les disparités raciales et ethniques préexistantes en matière d’asthme sont restées globalement stables, tandis que les inégalités socio-économiques se sont creusées.
- L’étude souligne l’importance de s’attaquer aux déterminants sociaux de la santé pour améliorer l’équité en matière de soins de l’asthme.
Une analyse approfondie des données de santé sur six ans, portant sur un vaste échantillon de patients du Bronx, a permis de mettre en lumière les effets complexes de la pandémie de COVID-19 sur les schémas d’exacerbation de l’asthme. L’étude, publiée dans la revue Scientific Reports, révèle que la crise sanitaire a non seulement perturbé la gestion de l’asthme, mais a également mis en évidence et amplifié les inégalités existantes au sein de l’une des communautés urbaines les plus vulnérables des États-Unis.
Les chercheurs ont analysé les dossiers de santé de 162 113 patients atteints d’asthme, entre mars 2018 et février 2024. Ils ont constaté une diminution initiale des exacerbations après le début de la pandémie, probablement due à la réduction de l’exposition aux déclencheurs courants tels que les virus respiratoires et la pollution atmosphérique. Cependant, cette amélioration s’est avérée de courte durée. Les taux d’exacerbation ont progressivement augmenté, avec des variations significatives selon les groupes démographiques et socio-économiques.
Avant la pandémie, les personnes noires (OR 1,37), hispaniques (OR 1,47) et appartenant à d’autres groupes raciaux non hispaniques (OR 1,45) présentaient un risque d’exacerbation significativement plus élevé que les patients blancs non hispaniques. De même, les hommes (OR 1,37), les bénéficiaires de Medicaid (OR 1,41) et les personnes ayant des besoins sociaux non satisfaits (OR 1,20) étaient plus susceptibles de subir des crises d’asthme. Ces disparités préexistantes ont persisté après la pandémie, mais les inégalités liées au revenu, à l’assurance et aux besoins sociaux se sont creusées.
L’étude a également révélé des différences notables selon l’âge. Chez les enfants, les taux d’exacerbation ont rebondi vers les niveaux d’avant la pandémie d’ici 2023, tandis que chez les adultes, ils sont restés comparativement plus faibles. Les auteurs suggèrent que ces différences pourraient être liées à des changements de comportement ou environnementaux, mais soulignent la nécessité de poursuivre les recherches pour comprendre pleinement les mécanismes en jeu.
Les résultats de cette étude mettent en évidence l’importance de s’attaquer aux déterminants sociaux de la santé, tels que l’instabilité du logement, l’insécurité alimentaire et les obstacles à l’accès aux soins, afin de réduire les inégalités en matière d’asthme. Ils soulignent également la nécessité d’améliorer la documentation des besoins sociaux non satisfaits et de mettre en place des interventions ciblées pour les populations les plus vulnérables. Des études plus vastes et multicentriques, ainsi qu’une analyse approfondie des liens potentiels avec les séquelles à long terme de la COVID-19, pourraient contribuer à élaborer des stratégies de soins de l’asthme plus équitables et efficaces.
Référence du journal :
- Henry, SS, Duong, KE, Cabana, MD et Duong, TQ (2026). Effets de la pandémie de COVID-19 sur l’incidence des exacerbations de l’asthme dans une population urbaine. Scientific Reports. DOI : 10.1038/s41598-026-41311-x, https://www.nature.com/articles/s41598-026-41311-x