Publié le 23 février 2026. Des chercheurs du Centre national de biotechnologie du CSIC, en collaboration avec l’Université de Göttingen, ont découvert un nouveau mécanisme cellulaire permettant d’éliminer les protéines endommagées sans consommer d’énergie, ouvrant des perspectives prometteuses pour le traitement des maladies neurodégénératives et de certains cancers.
Une équipe de scientifiques a identifié une voie alternative à celle connue jusqu’à présent pour la dégradation des protéines, un processus essentiel au maintien de l’équilibre interne des cellules, appelé protéostasie. Cette découverte, publiée dans la revue Science Advances, pourrait révolutionner notre compréhension de la manière dont les cellules gèrent les protéines défectueuses et inspirer de nouvelles stratégies thérapeutiques.
La fonctionnalité cellulaire repose sur un équilibre délicat entre la production et la dégradation des protéines. Lorsque ces dernières sont endommagées, elles doivent être réparées ou détruites pour éviter des dysfonctionnements. Jusqu’à présent, on pensait que le protéasome, la principale « machine de recyclage » cellulaire, avait besoin d’un signal, une « marque » ubiquitine, pour reconnaître les protéines à éliminer. Cette ubiquitination consomme de l’énergie, fournie par une molécule appelée ATP.
L’étude révèle qu’une autre protéine, Bag1, peut modifier la forme du protéasome pour créer une entrée directe, permettant l’élimination des protéines endommagées sans nécessiter d’ATP. Selon l’article publié dans Science Advances, ce mécanisme alternatif implique un tandem protéique composé de la chaperone Hsp70 et de la cochaperone Bag1.
« Hsp70 peut se lier à différentes cochaperones et marquer les protéines à dégrader. Mais nous avons observé que si la cochaperone impliquée est Bag1, le marquage avec l’ubiquitine est évité et les protéines endommagées peuvent être transférées directement au protéasome, où elles sont dégradées efficacement »,
Jorge Cuéllar, chercheur au CNB-CSIC
Bag1 agirait non seulement comme un pont entre la protéine endommagée et le protéasome, mais induirait également des changements structurels dans ce dernier, facilitant l’entrée de la protéine dans sa chambre catalytique. Les chercheurs suggèrent que ce mécanisme pourrait être particulièrement important dans la dégradation des protéines amyloïdes, souvent impliquées dans les maladies neurodégénératives.
Les implications de cette découverte sont considérables, notamment dans le domaine thérapeutique. Les chercheurs envisagent de concevoir des molécules, appelées BagTAC, inspirées de Bag1, capables de diriger les protéines pathologiques vers le protéasome sans passer par le système complexe d’ubiquitination. Cette approche pourrait être particulièrement prometteuse dans le traitement du cancer, où de nombreuses tumeurs dépendent de protéines spécifiques pour leur croissance et leur survie.
« Nous sommes confrontés à une découverte qui non seulement résout un mystère concernant la dégradation des protéines, mais qui pourrait également jeter les bases d’une nouvelle génération de thérapies ciblées »,
Moïse Maître, premier signataire de l’article
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