Les chiffres de l’emploi aux États-Unis, publiés hier, ont affiché une robustesse inattendue, mais n’ont pas suffi à relancer le dollar sur les marchés des changes. Cette réaction tiède suggère une tendance baissière persistante pour la devise américaine, qui ne pourra être inversée qu’avec la publication de nouvelles données économiques positives.
Les statistiques de l’emploi ont en effet présenté des aspects encourageants : le taux de chômage est tombé à 4,3 %, la création d’emplois a atteint 130 000 (dépassant le consensus de 825 000) et la croissance des salaires a été supérieure aux prévisions. Ces éléments semblaient de nature à soutenir le dollar, d’autant plus qu’une révision à la baisse de 862 000 emplois pour 2025 avait été anticipée.
Cependant, le dollar n’a pas profité durablement de ces bonnes nouvelles. Après un gain initial, il a rapidement perdu du terrain, non pas en raison d’un doute sur la fiabilité des chiffres, mais plutôt en raison d’une volonté des marchés de vendre à découvert les hausses du dollar. Les taux d’intérêt à court terme de la devise américaine ont certes augmenté, mais cette hausse n’a pas été maintenue. Les investisseurs semblent donc privilégier une perspective à long terme, ce qui implique que le dollar devra faire ses preuves sur la durée.
Pour l’heure, une stabilisation autour de 97,0 est attendue aujourd’hui. Une baisse ne suffira probablement pas à inverser la tendance, et de nouvelles surprises positives seront nécessaires pour soutenir durablement la valeur du dollar.
Concernant l’euro, son soutien actuel repose presque entièrement sur la faiblesse du dollar, sans contribution significative de la zone euro. Le calendrier économique de la zone euro est vide aujourd’hui, et aucune déclaration des responsables de la Banque centrale européenne (BCE) n’est prévue.
L’attention se porte également sur les négociations en cours concernant la situation en Ukraine. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a annoncé que les discussions de la semaine prochaine avec les États-Unis se concentreront sur un éventuel accord territorial. Bien que les progrès vers un cessez-le-feu soient lents, la semaine prochaine pourrait apporter des développements importants. Les prix du gaz en Europe, sous pression depuis début février, seront scrutés de près pour détecter tout signe d’optimisme lié à ces négociations, même si cette pression est principalement due aux prévisions d’un temps plus doux.
Le taux de change EUR/USD devrait osciller entre 1,1850 et 1,1900 aujourd’hui. Une légère préférence pour une baisse est maintenue, mais un scénario stable à court terme semble le plus probable.
Par ailleurs, ING a publié ses perspectives pour la couronne suédoise (SEK) jusqu’en 2026. Un risque de correction à court terme est identifié en raison d’une valorisation tendue, mais une vision baissière est conservée sur le long terme.
Enfin, l’économie britannique a terminé l’année 2025 sur une note décevante. La faiblesse des investissements dans le secteur de la construction et des entreprises est particulièrement notable, bien qu’elle soit en partie liée à une cyberattaque ayant affecté un important constructeur automobile britannique au troisième trimestre.
Ces données n’apportent pas d’informations nouvelles à la Banque d’Angleterre (BoE), qui avait déjà constaté un ralentissement de l’économie à la fin de l’année 2025. Les prochains chiffres concernant l’emploi et l’inflation seront donc cruciaux. Si la faiblesse des embauches et le ralentissement de la croissance des salaires persistent, la BoE devrait réduire ses taux d’intérêt en mars, puis à nouveau en juin. Dans ce contexte, un objectif de 0,88 pour le taux de change semble réaliste à court terme.