Publié le 2024-02-29 10:00:00. Une nouvelle étude révèle qu’adapter ses repas au rythme biologique interne, en prolongeant la période de jeûne nocturne, peut améliorer significativement la santé cardiovasculaire et métabolique, sans pour autant modifier l’apport calorique quotidien.
- Prolonger la période de jeûne nocturne de deux heures, en limitant l’exposition à la lumière et en évitant de manger trois heures avant le coucher, a permis d’améliorer la tension artérielle et la fréquence cardiaque.
- Les participants ont également constaté une meilleure régulation de la glycémie, signe d’une réponse plus efficace du pancréas.
- Cette approche, simple et accessible, pourrait représenter une alternative non médicamenteuse pour prévenir les maladies cardiométaboliques, en particulier chez les personnes d’âge moyen et plus âgées.
Des chercheurs de Northwestern Medicine ont mis au point une approche personnalisée du jeûne intermittent, en l’alignant sur le rythme circadien – l’horloge biologique interne qui régule de nombreuses fonctions physiologiques, dont la santé cardiovasculaire et métabolique. L’étude, publiée dans la revue Arteriosclerosis, Thrombosis, and Vascular Biology, publiée par l’American Heart Association, démontre que le moment où l’on mange est aussi important que la quantité et le type d’aliments consommés.
L’étude a porté sur 39 adultes en surpoids ou obèses (âgés de 36 à 75 ans). Les participants ont été répartis en deux groupes : un groupe témoin, qui a maintenu ses habitudes alimentaires habituelles (jeûne de 11 à 13 heures), et un groupe d’intervention, qui a prolongé sa période de jeûne nocturne de 13 à 16 heures. Les deux groupes ont également été invités à tamiser les lumières trois heures avant le coucher.
Les résultats sont encourageants : les participants du groupe d’intervention ont présenté une amélioration significative de plusieurs indicateurs de santé. Leur tension artérielle a diminué de 3,5 % et leur fréquence cardiaque de 5 %. Plus important encore, leur corps a montré une baisse plus naturelle de ces deux paramètres pendant le sommeil, un signe important de bonne santé cardiovasculaire. Leur cœur battait plus vite pendant la journée, lorsqu’ils étaient actifs, et ralentissait la nuit, au repos. Un tel rythme jour-nuit plus marqué est associé à une meilleure santé du cœur.
« Synchroniser notre période de jeûne avec les rythmes naturels veille-sommeil du corps peut améliorer la coordination entre le cœur, le métabolisme et le sommeil, qui travaillent tous ensemble pour protéger la santé cardiovasculaire. »
Dr Daniela Grimaldi, professeur agrégé de recherche en neurologie à la Feinberg School of Medicine de l’Université Northwestern.
Les chercheurs ont également observé une amélioration du contrôle de la glycémie chez les participants du groupe d’intervention. Leur pancréas répondait plus efficacement lorsqu’il était mis au défi par un apport de glucose, ce qui suggère qu’il pouvait libérer de l’insuline plus efficacement et maintenir une glycémie plus stable.
« Il ne s’agit pas seulement de la quantité et de ce que vous mangez, mais aussi du moment où vous mangez par rapport au sommeil qui est important pour les bénéfices physiologiques d’une alimentation limitée dans le temps. »
Dr Phyllis Zee, directeur du Centre de médecine circadienne et du sommeil et chef de la médecine du sommeil au département de neurologie de Feinberg.
Ces résultats sont d’autant plus importants que la santé cardiométabolique est un problème de santé publique majeur. Des études antérieures ont montré que seulement 6,8 % des adultes américains avaient une santé cardiométabolique optimale entre 2017 et 2018. Une mauvaise santé cardiométabolique peut augmenter le risque de développer des maladies chroniques telles que le diabète de type 2, la stéatose hépatique non alcoolique et les maladies cardiovasculaires.
Les auteurs de l’étude soulignent que le taux d’observance élevé (près de 90 %) suggère que cette nouvelle approche, qui utilise la période de sommeil comme point d’ancrage pour le timing des repas, pourrait être une stratégie accessible et efficace pour améliorer la santé cardiométabolique, en particulier chez les populations à risque. Ils prévoient d’affiner le protocole et de mener des essais cliniques à plus grande échelle pour confirmer ces résultats.
D’autres auteurs de l’étude de Northwestern incluent Catherine Reid, Dr Sabra Abbott et Kristen Knutson. Le financement de l’étude a été assuré par le National Heart Lung and Blood Institute, le National Institute of Aging et le National Center for Advancing Translational Sciences, tous les National Institutes of Health.