Publié le 14 octobre 2025. Un juge de la Couronne de Belfast examine une demande de non-lieu dans l’affaire du « Soldat F », un ancien parachutiste britannique accusé de meurtres commis lors du « Dimanche sanglant » en 1972. La défense soutient que les preuves clés sont peu fiables et risquent de mener à une condamnation erronée.
- La défense plaide pour l’abandon des charges contre le « Soldat F », arguant que les témoignages de deux anciens parachutistes (« Soldat G » et « Soldat H »), piliers de l’accusation, sont contradictoires et peu fiables.
- L’accusation maintient que ces témoignages, bien qu’admis comme preuves par ouï-dire, fournissent des preuves directes et concordantes que le « Soldat F » a tiré sur des civils.
- Le juge Patrick Lynch rendra sa décision concernant la demande de non-lieu jeudi.
L’ancien parachutiste, identifié comme « Soldat F » pour des raisons judiciaires, est accusé des meurtres de James Wray et William McKinney, ainsi que de tentatives de meurtre sur cinq autres personnes, lors des événements tragiques du 30 janvier 1972 à Derry. Ce jour-là, treize personnes au total ont été abattues par le régiment de parachutistes. Le « Soldat F » a plaidé non coupable de l’ensemble des sept chefs d’accusation.
Le procès, qui se déroule sans jury depuis le mois dernier, a vu l’accusation présenter les témoignages des « Soldats G » et « H » comme preuves centrales. Ces deux anciens militaires affirment avoir vu le « Soldat F » ouvrir le feu à Glenfada Park North. Cependant, la défense, représentée par Me Mark Mulholland KC, a vivement contesté la fiabilité de ces déclarations. La défense a souligné que le « Soldat G » est décédé et que le « Soldat H » s’est prévalu de son droit à ne pas s’incriminer, empêchant ainsi un contre-interrogatoire complet lors de cette procédure.
Me Mulholland a pointé du doigt les divergences entre les déclarations initiales du « Soldat H » aux autorités militaires et celles fournies lors des enquêtes ultérieures, qualifiant le témoin de peu fiable. Concernant le « Soldat G », il a été mis en avant que les récits des deux témoins se contredisent sur des points cruciaux : qui a tiré, où et quand. La défense a résumé ces contradictions en affirmant : « À chaque instant, les contradictions sont absolument fondamentales si l’on considère leur incidence sur la fiabilité des récits qu’ils fournissent. »
La défense a qualifié les preuves de « contaminées et fabriquées », questionnant la capacité à distinguer le fait de la fiction dans ces témoignages. « Si l’on examine maintenant l’état de ces preuves à la lumière des preuves civiles sans équivoque, elles ne tiennent tout simplement pas debout », a martelé Me Mulholland. La défense soutient que les récits des « Soldats G » et « H » relèvent d’une tentative de justification et de confusion, une explication jugée « la plus logique ».
L’accusation, par la voix de Me Louis Mably KC, a défendu l’admissibilité des témoignages par ouï-dire, les considérant comme une preuve directe des tirs effectués par le « Soldat F » sur des civils. Ces éléments proviennent, selon l’accusation, de deux sources distinctes dont les dépositions ont été répétées à différentes occasions et sous serment. Le juge Patrick Lynch décidera jeudi si la demande de non-lieu sera acceptée.