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Risque accru de décès chez les patients atteints de démence lié aux médicaments courants en soins palliatifs

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Publié le 15 octobre 2025. Une étude récente révèle qu’un usage accru de benzodiazépines et d’antipsychotiques chez les patients en soins palliatifs atteints de démence, notamment la maladie d’Alzheimer, est associé à une mortalité plus élevée dans les six mois suivant leur admission. Ces médicaments, couramment prescrits, pourraient représenter un risque accru pour cette population vulnérable.

  • Les patients sous benzodiazépines en soins palliatifs ont vu leur risque de décès augmenter de 41 % dans les 180 jours.
  • Les patients sous antipsychotiques ont connu une hausse du risque de décès de 16 % sur la même période.
  • Ces observations suggèrent une possible surprescription ou une utilisation standardisée plutôt qu’individualisée de ces traitements.

Une analyse approfondie de données issues de Medicare, couvrant la période 2014-2018, a scruté les dossiers de résidents en maisons de retraite de longue durée diagnostiqués avec la maladie d’Alzheimer ou une démence apparentée, et admis récemment en soins palliatifs. Les critères de diagnostic de la maladie d’Alzheimer et des démences associées étaient conformes aux classifications CIM-10.

L’étude a spécifiquement examiné les patients n’ayant pas reçu de benzodiazépines ou d’antipsychotiques dans les six mois précédant leur admission en hospice. Les cas de patients décédés dans les trois derniers jours de leur vie ou dont le séjour en soins palliatifs fut inférieur à trois jours ont été exclus de l’analyse. L’initiation du traitement par benzodiazépines ou antipsychotiques a été considérée comme la première prescription de ces substances après l’entrée en soins palliatifs. Un groupe de contrôle, n’ayant pas reçu ces médicaments durant leur séjour palliatif, a servi de référence.

La cohorte étudiée comprenait 26 872 paires de patients pour l’analyse des benzodiazépines et 10 240 paires pour celle des antipsychotiques. Parmi l’ensemble des patients inclus, 13 219 étaient admis pour une maladie d’Alzheimer ou une démence apparentée, tandis que d’autres diagnostics tels qu’un accident vasculaire cérébral (3 685 cas) ou une maladie cardiaque (3 388 cas) étaient également représentés. La durée moyenne du séjour en soins palliatifs pour les patients ayant débuté un traitement par benzodiazépines ou antipsychotiques était respectivement de 136,4 jours et 154 jours.

Les résultats montrent qu’une proportion plus élevée de patients sous benzodiazépines (73,58 %) ou antipsychotiques (70,7 %) sont décédés dans les 180 jours suivant leur admission en soins palliatifs, comparativement à leurs homologues non traités (58,3 % et 63,3 % respectivement). En chiffre, l’initiation de benzodiazépines en soins palliatifs était associée à un risque de décès accru de 41 % à 180 jours, et celle des antipsychotiques à une augmentation de 16 % de ce risque par rapport aux patients n’ayant pas eu recours à ces substances.

« Ces schémas de prescription précoces suggèrent que ces médicaments peuvent parfois être utilisés dans le cadre de pratiques standards de soins palliatifs plutôt que d’être entièrement adaptés à chaque individu. Pour de nombreux patients, ces médicaments peuvent apporter un soulagement significatif des symptômes pénibles, mais ils comportent également des risques. »

Lauren B. Gerlach, DO, MS, psychiatre gériatrique et auteure principale de l’étude

Elle ajoute que ces découvertes soulignent une opportunité pour les équipes de soins palliatifs d’évaluer régulièrement l’usage des médicaments, particulièrement en début de prise en charge, lorsque le maintien de la communication et de la vigilance constitue une priorité pour les patients et leurs familles.

Lauren B. Gerlach a également mis en avant la nécessité de mesures de qualité plus rigoureuses et de recommandations de prescription spécifiques pour les cliniciens travaillant dans les unités de soins palliatifs dédiées à la démence. Les variations dans les prescriptions en soins palliatifs méritent également une investigation plus poussée, surtout à la lumière de ces nouvelles preuves liant l’usage incident de benzodiazépines et d’antipsychotiques en soins palliatifs à une mortalité accrue.

Références

1. Médicaments palliatifs courants liés à un risque plus élevé de décès chez les personnes atteintes de démence. Communiqué de presse. 14 octobre 2025. Consulté le 15 octobre 2025. Article sur newswise.com

2. Gerlach LB, Zhang L, Kim HM et al. Utilisation de benzodiazépines ou d’antipsychotiques et risque de mortalité chez les patients atteints de démence en soins palliatifs. JAMA Netw Open. 2025;8(10):e2537551

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