Publié le 9 février 2026 13h33. Le leader du Parti travailliste écossais, Anas Sarwar, va demander publiquement la démission de Keir Starmer, fragilisé par une série de démissions au sein de son équipe et une controverse liée à la nomination de Peter Mandelson. Cette offensive intervient alors que les sondages placent les travaillistes en troisième position en Écosse à l’approche des élections parlementaires de mai.
- Anas Sarwar réclame la démission de Keir Starmer en raison d’erreurs stratégiques qui nuisent au soutien aux travaillistes écossais.
- Deux hauts responsables de l’équipe de Starmer, Tim Allan et Morgan McSweeney, ont démissionné en moins de 24 heures.
- La nomination de Peter Mandelson au poste d’ambassadeur à Washington, malgré ses liens avec Jeffrey Epstein, est au cœur de la crise.
La situation est tendue au sein du Parti travailliste britannique. Anas Sarwar, chef du parti en Écosse, devrait tenir une conférence de presse à Glasgow pour appeler officiellement à la démission de Keir Starmer. Cette annonce intervient après une succession de démissions au sein de l’équipe dirigeante, exacerbant les tensions internes et remettant en question le leadership de Starmer.
La démission la plus récente est celle de Tim Allan, directeur des communications de Starmer, qui a quitté ses fonctions après seulement cinq mois en poste. Il a justifié son départ par la nécessité de permettre la constitution d’une nouvelle équipe au sein du numéro 10 Downing Street.
« J’ai décidé de me retirer pour permettre la constitution d’une nouvelle équipe n°10. Je souhaite plein succès au Premier ministre et à son équipe. »
Tim Allan, ancien directeur des communications de Keir Starmer
Cette démission fait suite à celle, la veille, de Morgan McSweeney, chef d’état-chef de Starmer. McSweeney a assumé l’entière responsabilité de la décision controversée de proposer Peter Mandelson au poste d’ambassadeur à Washington, malgré les liens étroits de ce dernier avec Jeffrey Epstein, un financier condamné pour trafic sexuel.
La nomination de Mandelson a suscité une vive indignation, et McSweeney a reconnu que cette décision avait porté atteinte à la crédibilité du parti et à la confiance du public.
« La décision de nommer Peter Mandelson était une erreur. Il a porté atteinte à notre parti, à notre pays et à la confiance dans la politique elle-même. »
Morgan McSweeney, ancien chef d’état-chef de Keir Starmer
Malgré la crise, Downing Street a affirmé que Keir Starmer ne démissionnerait pas et qu’il restait concentré sur son travail. Un porte-parole a déclaré que Starmer était « optimiste » et « confiant » lors d’un discours devant son équipe.
Interrogé sur les rumeurs de remords et d’hésitations quant à son avenir politique, le porte-parole a nié ces informations, insistant sur la détermination de Starmer à poursuivre ses objectifs.
Starmer devrait s’adresser prochainement à une réunion du Parti travailliste parlementaire, dans un contexte de fortes tensions liées à la nomination de Mandelson. Les conservateurs, pour leur part, ont accusé Starmer d’avoir laissé McSweeney « porter la responsabilité » d’une décision qu’il avait lui-même approuvée.
« Keir Starmer savait, il savait. C’est son jugement et le fait qu’il a été malhonnête – il a prétendu ne pas savoir, puis il a changé son histoire et a affirmé qu’on lui avait menti. »
Kemi Badenoch, membre du Parti conservateur
L’affaire Mandelson a également mis en lumière des questions sur le processus de sélection des nominations au sein du parti, McSweeney appelant à une « refonte fondamentale » de ce système.
Les démissions successives et la controverse autour de Mandelson interviennent à un moment critique pour le Parti travailliste, alors que les sondages d’opinion le placent en troisième position en Écosse, derrière le Parti national écossais et le Parti réformiste, à l’approche des élections parlementaires de mai.