Publié le 24 septembre 2025. Une nouvelle étude de l’Institut de recherche biomédicale Fralin de Virginia Tech suggère que les médicaments couramment prescrits pour le diabète de type 2 et la perte de poids, les agonistes du récepteur du GLP-1 (GLP-1RA), pourraient avoir un effet inattendu : réduire l’attrait pour l’alcool et atténuer ses effets physiologiques.
Une équipe de chercheurs de l’Institut de recherche biomédicale Fralin de Virginia Tech a publié une étude le 24 septembre 2025 dans la revue Nature Scientific Reports qui révèle un potentiel effet secondaire des médicaments agonistes du récepteur du GLP-1 (GLP-1RA). Ces traitements, largement utilisés pour le diabète de type 2 et la gestion du poids, semblent également capables de diminuer la consommation d’alcool et de réduire les sensations d’ivresse.
L’étude, dirigée par Fatima Quddos, Alexandra G. DiFeliceantonio et le regretté Warren K. Bickel, s’est penchée sur la manière dont ces substances modifient la réponse du corps à l’alcool.
Moins ivre, moins d’envie de boire : le paradoxe des médicaments contre le diabète
Pour mener leurs recherches, les scientifiques ont recruté 20 participants souffrant d’obésité. La moitié d’entre eux suivaient un traitement à base de médicaments GLP-1 (tels que le sémaglutide, le liraglutide ou le tirzépatide), tandis que l’autre moitié n’en prenait pas. Tous les participants ont consommé une quantité d’alcool contrôlée, visant une concentration d’alcool dans le sang (CAS) d’environ 0,08 g/dl.
Les résultats se sont avérés probants : les personnes sous traitement GLP-1 ont présenté une augmentation plus lente de leur concentration d’alcool dans l’haleine (CAH) et ont ressenti moins d’ivresse durant les 20 premières minutes de l’expérience. Les auteurs de l’étude attribuent ce phénomène non pas à un inconfort ou à des nausées, mais au ralentissement de la vidange gastrique induit par ces médicaments, ce qui retarde l’absorption de l’alcool dans l’intestin.
Au-delà de cette atténuation de l’intoxication initiale, les participants sous GLP-1 ont également montré une réduction significative de leur désir de continuer à consommer de l’alcool. Bien que l’échantillon de participants soit restreint, les chercheurs suggèrent que ces médicaments pourraient constituer un outil supplémentaire pour limiter la consommation d’alcool, y compris chez les personnes ne souffrant pas de troubles de la dépendance.
Ces découvertes font écho à des recherches antérieures. Des études avaient déjà observé une diminution de la consommation d’alcool et des épisodes d’excès chez des patients traités au sémaglutide ou à l’exénatide. Ces travaux renforcent l’hypothèse selon laquelle les GLP-1 agiraient sur l’appétit, qu’il s’agisse de nourriture ou d’alcool.
Un potentiel thérapeutique à explorer pour la consommation d’alcool
Les chercheurs préviennent qu’il s’agit d’une étude préliminaire et recommandent des essais cliniques à plus grande échelle pour confirmer ces résultats. Néanmoins, ces travaux apportent des preuves solides que les effets des GLP-1 dépassent le simple contrôle métabolique. Ils ouvrent ainsi la voie à leur utilisation potentielle dans le traitement des troubles liés à la consommation d’alcool.
« Nos données suggèrent que les GLP-1 pourraient réduire la consommation d’alcool via des mécanismes périphériques », concluent les scientifiques de Virginia Tech.