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Le mien. Le mien. Le mien. Comment un milliardaire corrompu a lancé la frénésie mondiale du cobalt

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La République démocratique du Congo (RDC), riche en ressources naturelles convoitées comme le cobalt et le cuivre, est restée engluée dans la pauvreté et les conflits, tandis que la Chine a pris une position dominante dans l’exploitation minière, laissant les États-Unis sur la touche. Des accords conclus en échange d’infrastructures ont permis à Pékin de s’assurer un accès privilégié aux matières premières essentielles à l’essor de son industrie automobile électrique.

Au début des années 2000, alors que la demande mondiale en appareils électroniques et en véhicules électriques augmentait, la RDC demeurait un pays instable et miné par la corruption. De nombreuses entreprises américaines, méfiantes face à ces risques, ont choisi de ne pas investir dans la région. La Chine, en revanche, a saisi l’opportunité de sécuriser son approvisionnement en matières premières cruciales pour sa croissance économique. Des accords ont été signés avec le président Joseph Kabila, prévoyant la construction de routes et d’hôpitaux en échange de droits miniers.

Un diplomate américain, Sanderson, a regretté un manque de clairvoyance : « Il y a vingt-cinq ans, nous ne regardions pas au-delà de l’horizon pour dire : « La Chine va devenir un pouvoir économique dont les intérêts ne sont pas alignés avec les nôtres ». » La quête de produits électroniques et de biens de consommation à bas prix aurait aveuglé Washington face à l’influence croissante de Pékin à la fin des années 2000 et au début des années 2010.

Cette période a également attiré des fonds spéculatifs étrangers, dont le géant new-yorkais Och-Ziff. Cependant, l’investissement s’est avéré entaché de corruption. En effet, Och-Ziff a finalement plaidé coupable de pots-de-vin versés dans plusieurs pays africains, dont la RDC. Des enquêtes ont révélé que le fonds avait utilisé un intermédiaire, identifié par les médias et les ONG comme étant Moises Gertler, pour transférer au moins 25 millions de dollars à un responsable congolais anonyme.

Dans un courriel intercepté par les procureurs fédéraux, cet intermédiaire se vantait : « Le paysage de la RDC est en train de se façonner et je le façonne, comme personne d’autre. »

Après la mort de Katumba dans un accident d’avion en 2012, Gertler a exprimé son chagrin, mais un message texte échangé avec un ami révélait un autre sentiment : « Notre ami est heureux de pouvoir économiser beaucoup d’argent », laissant entendre des économies réalisées sur les paiements effectués à Katumba.

Gertler a ensuite concentré ses efforts sur Joseph Kabila, louant publiquement ses qualités de dirigeant : « C’est le nouveau président le plus prometteur au monde, un nouveau Mandela », a-t-il déclaré à Newsweek. Il n’a pas hésité à s’attribuer un rôle de sauveur : « Je devrais avoir un prix Nobel », a-t-il affirmé à Bloomberg en 2012. « Ils ont besoin de gens comme nous, qui viennent mettre des milliards dans le sol. Sans cela, les ressources ne valent rien. »

Les activités de Gertler ont fini par attirer l’attention des autorités internationales. Le 21 décembre 2017, le Département du Trésor américain l’a sanctionné pour avoir amassé une fortune « grâce à des transactions minières et pétrolières opaques et corrompues valant des centaines de millions de dollars en République démocratique du Congo ». Ces sanctions ont rendu Gertler inabordable pour de nombreux partenaires, car toute transaction avec lui comportait désormais un risque juridique important aux États-Unis.

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