L’opposition conservatrice britannique demande des éclaircissements urgents au gouvernement sur l’accord en cours de négociation avec l’Union européenne concernant Gibraltar, craignant un manque de transparence et des implications potentielles pour la souveraineté du territoire.
Les députés conservateurs Allez Patel, responsable des Affaires étrangères au sein de l’opposition, et Wendy Morton, porte-parole pour l’Europe, ont adressé une lettre à la ministre des Affaires étrangères, Yvette Cooper, exprimant leur préoccupation face au manque d’informations formelles communiquées au Parlement. Ils regrettent que les détails de l’accord aient été révélés par les médias gibraltariens avant toute communication officielle du gouvernement britannique.
Dans cette missive, rendue publique par Wendy Morton sur les réseaux sociaux, les parlementaires soulignent l’absence d’explications ministérielles à Westminster, malgré les briefings fournis par le gouvernement de Gibraltar. Ils s’interrogent notamment sur les modalités pratiques de contrôle des citoyens britanniques se rendant à Gibraltar et sur les conséquences pour la souveraineté du territoire.
Un point particulièrement préoccupant pour l’opposition concerne le rôle des autorités espagnoles dans la mise en œuvre des contrôles Schengen dans les ports et l’aéroport de Gibraltar. Les conservateurs estiment que les assurances données quant au maintien du contrôle britannique sont difficiles à concilier avec des informations ultérieures provenant du ministère des Affaires étrangères, et déplorent l’impossibilité pour le Parlement d’examiner ces allégations en détail.
La lettre exhorte le gouvernement à publier le texte du traité et à le soumettre sans délai au débat parlementaire, arguant que les députés, les habitants de Gibraltar et les citoyens britanniques méritent une transparence totale sur cette question cruciale. Cette demande intervient alors que le gouvernement de Gibraltar intensifie ses efforts de communication à Londres et sur le territoire pour expliquer les termes de l’accord.
Par ailleurs, l’ancien député conservateur Bob Neill et le Représentant de Gibraltar au Royaume-Uni, Jonathan Scott, ont mené des réunions avec des commissions clés de la Chambre des communes et de la Chambre des Lords. Selon Bob Neill, l’accord bénéficierait d’un soutien favorable, à condition qu’il garantisse une frontière fluide et préserve la souveraineté britannique ainsi que l’identité de Gibraltar, considérées comme des lignes rouges tant par Londres que par le gouvernement gibraltarien.