Publié le 22 février 2026 à 10h00. Le groupe De Beers a enregistré des pertes significatives en 2025, en raison d’une baisse de la demande mondiale de diamants et de pressions sur les prix, particulièrement affectant ses opérations en Afrique.
- De Beers a subi une perte sous-jacente avant intérêts, impôts et amortissements (EBITDA) de 511 millions de dollars en 2025, contre une perte de 25 millions de dollars l’année précédente.
- La production de diamants bruts a diminué de 12 %, atteignant 21,7 millions de carats, en raison d’une adaptation de la production aux conditions du marché.
- Les opérations en Afrique, notamment au Botswana, en Afrique du Sud et en Namibie, sont particulièrement touchées par la faiblesse de la demande et les incertitudes économiques.
Les résultats de De Beers reflètent un contexte difficile pour l’industrie mondiale du diamant. La demande chinoise, traditionnellement un moteur de croissance pour les diamants de luxe, s’est affaiblie, tandis que la concurrence des diamants de laboratoire s’intensifie. La situation est aggravée par des facteurs externes tels que les droits de douane américains imposés à l’Inde, principal centre mondial de taille et d’exportation de diamants.
Au Botswana, où De Beers opère via la coentreprise Debswana, les mines de Jwaneng et d’Orapa restent des contributeurs majeurs à la production. Cependant, la dépendance du Botswana aux revenus du diamant rend le pays particulièrement vulnérable à la baisse des prix. Une faiblesse persistante des prix pourrait avoir des implications économiques importantes pour le pays.
Face à ces défis, De Beers a adopté une stratégie de production disciplinée et réduit ses coûts unitaires et ses dépenses d’investissement à 353 millions de dollars, afin de préserver sa trésorerie et d’améliorer son efficacité opérationnelle. La société mère, Anglo American, a également enregistré une dépréciation de 2,3 milliards de dollars liée à des perspectives de prix à long terme plus faibles et à l’évolution des préférences des consommateurs.
Le PDG de De Beers, Duncan Wanblad, a exprimé l’espoir que le ralentissement actuel représente un point bas pour l’entreprise. La société poursuit sa stratégie « Origins », visant à stimuler la demande de diamants naturels par le biais de campagnes marketing et d’accords industriels.
Les perspectives à court terme restent incertaines, les acheteurs du secteur intermédiaire gérant prudemment leurs stocks et la volatilité macroéconomique persistant. De Beers s’attend toutefois à ce qu’une normalisation progressive des stocks soutienne la stabilité à moyen terme. Pour 2026, le groupe prévoit une production comprise entre 21 et 26 millions de carats, en l’alignant étroitement sur la demande.
Anglo American est actuellement engagé dans un processus de séparation structuré de De Beers dans le cadre d’une restructuration plus large de son portefeuille. Malgré les vents contraires, le secteur diamantaire africain demeure stratégiquement important, en particulier pour le Botswana, où les revenus miniers jouent un rôle central dans la stabilité économique et les finances publiques.