Le président américain veut en finir avec le « shutdown » par la force, mais se heurte à un mur au Sénat
À peine rentré d’une tournée diplomatique, Donald Trump a relancé le débat sur la fermeture partielle du gouvernement américain, appelant les républicains à sacrifier les procédures parlementaires et à utiliser « l’option nucléaire » pour surmonter l’obstruction démocrate au Sénat. Cette impasse, qui dure depuis 31 jours, pèse de plus en plus lourdement sur l’économie et les citoyens.
Alors que le deuxième plus long « shutdown » de l’histoire des États-Unis atteint un point critique, le président Trump semble impatient de trouver une issue. Cependant, son appel à la fin de l’obstruction parlementaire, qui requiert 60 voix pour faire adopter la plupart des lois au Sénat, témoigne d’une réticence à négocier avec les démocrates. Ces derniers conditionnent la réouverture du gouvernement à l’inclusion de mesures visant à prolonger les subventions pour les soins de santé.
« NOUS sommes au pouvoir, et si nous faisions ce que nous devrions faire, cela mettrait IMMÉDIATEMENT fin à ce ridicule « SHUT DOWN » destructeur du pays », a-t-il martelé sur les réseaux sociaux, faisant référence à la fin de l’obstruction comme à un « ATOUT » à jouer sans délai.
Les conséquences s’aggravent
Cette crise gouvernementale intervient à un moment charnière où les répercussions du « shutdown » et la question des soins de santé deviennent de plus en plus pressantes. Dès le 1er novembre, les bénéficiaires du Programme d’Assistance Nutritionnelle Supplémentaire (SNAP), plus connus sous le nom de bons alimentaires, ne recevront plus leurs allocations. Ce même jour marque l’ouverture des périodes d’inscription aux assurances santé sous l’Affordable Care Act (ACA).
Selon une analyse du KFF (Kaiser Family Foundation), les primes mensuelles d’assurance maladie pour les 24 millions d’Américains couverts par l’ACA pourraient plus que doubler d’ici 2026, atteignant en moyenne 1 904 dollars, si les subventions actuelles venaient à expirer.
L’obstruction, un rempart ou un blocage ?
Au Sénat, où les républicains détiennent une majorité de 53 sièges contre 47 pour les démocrates, plusieurs tentatives de faire adopter une législation pour mettre fin au « shutdown » ont échoué, les démocrates votant systématiquement contre les propositions républicaines. Pour le chef de la majorité sénatoriale, John Thune, l’obstruction est un « rempart contre beaucoup de très mauvaises choses qui se produisent dans le pays ». Une position qui semble désormais contestée par le président.
Toutefois, l’appel de Donald Trump à abandonner l’obstruction parlementaire suscite des réactions mitigées au sein même de son parti. Si certains sénateurs républicains ont exprimé une certaine ouverture, d’autres s’y sont fermement opposés. « Je ne soutiendrai jamais la fin de l’obstruction systématique, et je pense que les républicains l’ont dit très clairement », a déclaré le sénateur Thom Tillis, cité par le Wall Street Journal. D’autres, tels que les sénateurs Lisa Murkowski, James Lankford et John Cornyn, partagent cette position, le dernier qualifiant l’idée d’« échec ».
Une issue toujours incertaine
À ce stade, aucune fin n’est en vue pour la fermeture du gouvernement. Les républicains du Sénat plaident pour une mesure de financement provisoire jusqu’au 21 novembre, tandis que les démocrates exigent des négociations sur l’extension des crédits d’impôt expirant dans le cadre de l’ACA, qui aident les Américains à souscrire des assurances santé privées.
Le « shutdown » a débuté le 1er octobre, premier jour de l’exercice budgétaire fédéral, faute d’accord entre le Congrès et la Maison Blanche sur le financement des services gouvernementaux. Les estimations du Bureau du Budget du Congrès, un organisme non partisan, chiffrent le coût de cette fermeture entre 7 et 14 milliards de dollars, avec une réduction potentielle de 2 % du produit intérieur brut au quatrième trimestre.
Environ 750 000 employés fédéraux sont sans solde depuis le début de la crise. Bien que des mesures aient été prises pour assurer la rémunération des militaires, des forces de l’ordre et des agents de l’immigration, de nombreux autres fonctionnaires travaillent sans être payés.