Home Accueil Le programme de réforme du TNI diminue et le militarisme augmente alors que Prabowo-Gibran marque sa première année

Le programme de réforme du TNI diminue et le militarisme augmente alors que Prabowo-Gibran marque sa première année

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Publié le 2025-10-20 11:58:00. Un an après leur prise de fonctions, le président Prabowo Subianto et le vice-président Gibran Rakabuming Raka voient les Forces armées nationales indonésiennes (TNI) se transformer en un acteur central de l’État. Cette évolution soulève des inquiétudes quant à une « militarisation » de la sphère civile, selon l’organisation Imparsial.

  • La TNI s’implique dans des projets civils stratégiques, étendant ses opérations au-delà de ses missions traditionnelles.
  • Des militaires en activité occupent des postes clés dans l’administration civile, portant atteinte au principe de suprématie civile.
  • La création d’organes tels que le Conseil de défense nationale (DPN) renforce l’influence militaire dans les décisions politiques.

L’organisation Imparsial, par la voix de son directeur, Ardi Manto Adiputra, a dressé un bilan critique de la première année du gouvernement Prabowo-Gibran, mettant en lumière une tendance marquée à la consolidation du pouvoir militaire. « Le gouvernement, ainsi que la Chambre des représentants, ont pris des mesures qui encouragent la domination militaire dans le domaine civil, à la fois dans les normes juridiques et dans la mise en œuvre factuelle », a déclaré Ardi lors d’une rencontre à Jakarta le 20 octobre 2025.

Parmi les préoccupations soulevées, Imparsial pointe du doigt l’implication de la TNI dans des programmes civils d’envergure. L’extension des opérations militaires à des missions autres que celles liées à la guerre (OMSP), comme la participation à des projets de « food estate » à Merauke, est jugée problématique. De même, l’implication des militaires dans le programme de repas gratuits prôné par le président Prabowo serait en contradiction avec la loi relative à la TNI datant de 2004. La création de cinq nouveaux bataillons d’infanterie en Papouasie est également critiquée, non seulement pour son éloignement du rôle principal de l’armée, mais aussi pour les risques d’exacerbation des tensions locales.

Un autre point de friction concerne le placement de militaires en activité à des postes civils stratégiques. La nomination du major Teddy Indra Wijaya comme secrétaire du Cabinet et du général de division Ahmad Rizal Ramdhani à la tête de Perum Bulog est considérée par Imparsial comme une violation flagrante de la loi TNI. Ces nominations portent atteinte au principe de suprématie civile, qui veut que le pouvoir politique appartienne aux civils.

La création du Conseil de défense nationale (DPN) est également scrutée de près. Doté d’une large autorité en vertu d’un règlement présidentiel de 2024, sa composition, largement dominée par des éléments militaires, soulève des interrogations quant au respect du principe d’équilibre des pouvoirs dans les politiques de défense.

Le renforcement des commandements territoriaux, avec le projet de création de 100 bataillons de développement territorial sous l’égide des districts militaires, est perçu par Imparsial comme une résurgence du modèle de « double fonction » qui caractérisait le régime de l’Ordre Nouveau. Au lieu d’une restructuration, il s’agirait d’un renforcement de structures utilisées par le passé à des fins politiques.

Enfin, Imparsial dénonce une tendance à l’impunité et à la violence militaire. Des cas de verdicts jugés cléments dans des affaires de violence impliquant des membres de la TNI, tels que le meurtre du révérend Yeremia Zanambani ou une fusillade ayant entraîné la mort d’un enfant, illustrent une faiblesse dans la mise en cause des responsabilités. « Ce système crée l’impunité et ne respecte pas le principe d’un procès équitable », affirme Ardi Manto Adiputra.

Selon l’organisation, la révision de la loi TNI et l’adoption d’un règlement présidentiel en 2025 légitiment l’implication militaire dans les affaires civiles, témoignant d’une préférence pour la normalisation des dérives plutôt que pour leur correction. Les politiques de défense et de sécurité de l’année écoulée sont ainsi qualifiées de « sérieuse régression » dans le programme de réforme militaire, marqué par un renforcement du militarisme et un retour de l’armée dans divers aspects de la vie nationale.

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