Un expert en droit du travail, Maître Juan Valera, a rappelé les droits fondamentaux des femmes enceintes et des jeunes parents sur le lieu de travail, notamment en ce qui concerne les congés de maternité et de paternité, ainsi que la protection contre le licenciement.
Congés de maternité : 98 jours pour la mère
Maître Valera a souligné que les femmes enceintes bénéficient d’un congé prénatal et postnatal d’une durée totale de 98 jours, répartis équitablement à 49 jours avant et 49 jours après l’accouchement. Ces périodes doivent être prises de manière continue, mais la mère a la flexibilité de les aménager selon ses besoins.
Congé paternité : une extension en discussion
Concernant le congé paternité, il est actuellement de 10 jours continus. Ce droit peut être prolongé jusqu’à 30 jours calendaires dans les cas de naissances multiples ou à haut risque, lorsque l’épouse est concernée. Un projet de loi a été déposé dans le but d’augmenter la durée du congé paternité de 10 à 15 jours. Cependant, des tensions existent quant à la prise en charge des cinq jours supplémentaires par l’Assurance Maladie (Essalud). L’organisme se montre réticent, arguant que l’accouchement de la mère n’empêche pas le père de poursuivre son activité professionnelle.
Protection contre le licenciement : une mesure étendue
L’avocat a également rappelé qu’aucune femme enceinte ne peut être licenciée, qu’elle soit en période d’essai ou sous contrat à durée déterminée. Un tel licenciement serait considéré comme nul, entraînant une réintégration obligatoire. Il existe toutefois deux exceptions notables : si le contrat à durée déterminée a été conclu pour une raison légitime et prouvée, telle qu’une augmentation d’activité, ou si la salariée a commis une faute grave. La période de protection s’étend de la confirmation de la grossesse jusqu’à un an après l’accouchement, soit une durée totale de protection contre le licenciement d’un an et neuf mois.
Allaitement : un droit encadré
Enfin, Maître Valera a mentionné le droit à une heure d’allaitement par jour, à prendre sur le lieu de travail ou dans un local dédié. Cette disposition n’est toutefois applicable que dans les entreprises ou institutions comptant au moins 20 travailleurs en âge de procréer. Les locaux doivent être adéquatement équipés et approuvés par le Ministère de la Femme et des Populations vulnérables.