Publié le 25 février 2026 16:23:00. Le Police Service of Northern Ireland (PSNI) a admis avoir illégalement collecté des données sur un journaliste basé à Belfast, Vincent Kearney, et avoir constitué un profil détaillé le concernant, incluant des informations sur sa famille. Cette surveillance systématique, menée entre 2006 et 2014, a été révélée devant un tribunal londonien.
- Le PSNI a reconnu avoir illégalement obtenu et conservé des relevés téléphoniques de M. Kearney dans le cadre de plusieurs opérations.
- MI5 et la police métropolitaine de Londres ont également admis avoir accédé aux données de communication du journaliste.
- Un profil détaillé de M. Kearney, comprenant des informations personnelles sur sa famille, a été créé par le PSNI.
Les aveux du PSNI, de MI5 et de la police métropolitaine ont été formulés devant l’Investigatory Powers Tribunal (IPT) de Londres, qui examine les plaintes concernant la surveillance clandestine illégale. Vincent Kearney, actuellement rédacteur en chef pour le Nord de RTÉ News, a déposé une plainte alléguant que les agences de sécurité britanniques avaient accédé à ses données téléphoniques dans le but de démasquer ses sources.
Selon Jude Bunting KC, avocat représentant la BBC, l’ampleur des admissions est « frappante ». Il a souligné que M. Kearney semblait avoir été plus ciblé que tout autre journaliste en Irlande du Nord. L’avocat a précisé que le PSNI avait reconnu l’illégalité de « nombreuses opérations » au cours desquelles il avait obtenu et stocké les relevés téléphoniques du journaliste, notamment dans le cadre de l’enquête sur le meurtre de l’officier du PSNI Stephen Carroll en 2009 et d’une enquête anti-corruption.
Le profil détaillé constitué par le PSNI comprenait la date de naissance de M. Kearney, les numéros d’immatriculation de ses véhicules, le nom de son épouse et de sa belle-mère, ainsi que des informations sur les personnes vivant avec lui. Il recensait également les articles écrits par le journaliste et leurs sujets. Selon M. Bunting, l’étendue de ces informations personnelles a causé une « détresse particulière » à M. Kearney.
« Ils révèlent un schéma systématique et étalé sur des années d’accès à mes sources journalistiques et cartographient mon activité professionnelle. Cela se produisait presque chaque année entre 2006 et 2014. »
Vincent Kearney, journaliste
M. Kearney a estimé que cette surveillance avait un « effet dissuasif » sur sa capacité à exercer un journalisme d’intérêt public et avait endommagé, voire détruit, certaines de ses relations avec ses sources. RTÉ et la BBC ont toutes deux exprimé leur profonde préoccupation face aux révélations de cette affaire.
« L’ampleur de la surveillance secrète et de l’accès aux données de communication du journaliste Vincent Kearney par les agences de sécurité et de police britanniques est profondément préoccupante. »
Deirdre McCarthy, directrice générale de RTÉ News and Current Affairs
Le tribunal doit maintenant déterminer le recours approprié et examiner la demande de dommages et intérêts de M. Kearney.