Le marché du pétrole s’est effondré, subissant une pression baissière accrue suite à des développements diplomatiques majeurs et à des inquiétudes persistantes sur le secteur bancaire. Une conversation téléphonique entre le président américain et le président russe, ainsi que des tensions dans le système financier, ont contribué à cette chute des prix.
Les pourparlers russo-américains redessinent le paysage énergétique
Une communication téléphonique directe entre le président américain et Vladimir Poutine a marqué un tournant, le président américain qualifiant l’échange de « très productif ». Ce dernier a révélé sur Truth Social que le dirigeant russe avait salué la « grande réalisation de paix au Moyen-Orient », une percée qu’il considère comme une aide potentielle pour les négociations visant à mettre fin au conflit en Ukraine.
Selon les déclarations du président américain, la conversation a également abordé le commerce entre la Russie et les États-Unis après la résolution du conflit ukrainien, ainsi que l’engagement de la Première dame Melania envers les enfants. Ces échanges ont conduit à la décision d’une réunion des conseillers de haut niveau la semaine prochaine, suivie d’une rencontre entre les présidents américain et russe à Budapest, en Hongrie, pour discuter de la fin de la « guerre sans gloire ». Parallèlement, une rencontre est prévue entre le président américain et le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, au Bureau ovale.
Ces développements interviennent alors que le président américain semble avoir exercé une pression significative sur l’Inde, la Chine et le Japon pour qu’ils réduisent leurs achats de pétrole russe. L’Inde, principal acheteur de pétrole maritime russe, s’est engagée à augmenter ses importations d’énergie américaine, une démarche qui, selon Reuters, pourrait entraîner une baisse des volumes d’achats russes dès décembre ou janvier. Bien qu’un responsable de la Maison Blanche affirme que les importations indiennes ont déjà été réduites de moitié, des sources à New Delhi indiquent qu’une baisse drastique n’a pas encore été observée. L’administration américaine plaide pour un ralentissement mondial des approvisionnements russes à prix réduits, une stratégie qui pourrait soutenir la demande de brut à l’approche des mois d’hiver.
Les turbulences bancaires pèsent sur les prix du pétrole
Parallèlement aux enjeux géopolitiques, l’instabilité dans le secteur bancaire a également contribué à la baisse des prix du pétrole. Des informations rapportent une chute de 13 % des valeurs de certains acteurs régionaux suite à des pertes significatives sur des prêts en difficulté en Californie, ainsi qu’une baisse de 11 % après l’introduction d’une action en fraude. Ces événements ont eu un impact négatif sur les valeurs bancaires américaines, entraînant une dépréciation du dollar et, par conséquent, une baisse des cours du pétrole, tout en renforçant le yen et le franc suisse.
Cette corrélation entre les crises bancaires et la chute des prix du pétrole n’est pas nouvelle. La crise bancaire de mars 2023 aux États-Unis, marquée par la faillite de plusieurs banques régionales (Silicon Valley Bank, Signature Bank, Silvergate Bank, et First Republic Bank, représentant environ 900 milliards de dollars d’actifs), avait déjà provoqué une forte panique sur les marchés énergétiques. Les contrats à terme sur le West Texas Intermediate (WTI) avaient alors chuté de plus de 12 %, atteignant un plus bas de 15 mois à près de 67 dollars le baril le 15 mars 2023. Cette vulnérabilité du pétrole aux chocs bancaires et à l’incertitude économique globale semble se confirmer à nouveau.
Avec une diminution du risque géopolitique et des inquiétudes bancaires, le marché pétrolier pourrait désormais faire face à davantage de pressions baissières, affectant potentiellement la production de pétrole de schiste. Les prix bas commencent ainsi à engendrer leurs propres remèdes, dans un cycle typique des marchés de matières premières.
Le gaz naturel sous pression malgré une demande croissante
Dans le secteur du gaz naturel, les prix ont également subi une baisse suite à l’annonce d’une augmentation des approvisionnements de 80 milliards de pieds cubes, conforme aux prévisions. Malgré des attentes de demande à long terme en hausse, notamment grâce à une capacité accrue de gaz naturel liquéfié (GNL), les traders semblent délaisser les paris sur un hiver rigoureux.
Selon Jodi Shafto d’Energy Intelligence, les contrats à terme sur le gaz naturel ont reculé entre le 9 et le 15 octobre, les spéculateurs ayant abandonné leurs positions sur la base de prévisions météorologiques douces et de niveaux de stockage exceptionnellement élevés. L’Energy Information Administration (EIA) a rapporté que les stocks de gaz actif s’élevaient à 3 721 milliards de pieds cubes au 10 octobre 2025, soit une augmentation nette de 80 milliards de pieds cubes par rapport à la semaine précédente. Ces stocks dépassent de 26 milliards de pieds cubes ceux de l’année précédente à la même période et de 154 milliards de pieds cubes la moyenne quinquennale de 3 567 milliards de pieds cubes, se situant ainsi dans la fourchette historique de cinq ans.