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Le Sénat américain ne parvient pas à rouvrir le gouvernement après le cinquième vote budgétaire

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Le bras de fer continue au Sénat américain. Pour la cinquième fois, les sénateurs n’ont pas réussi à s’entendre sur les mesures de dépenses nécessaires pour rouvrir le gouvernement, en proie à une paralysie depuis cinq jours. Les propositions démocrates et républicaines ont toutes deux échoué à atteindre le seuil des 60 voix requis pour leur adoption.

Alors que Donald Trump avait réitéré ses menaces de licenciements massifs si aucun accord n’était trouvé, le président américain a semblé ouvrir une brèche, suggérant une volonté de sortir de l’impasse et de négocier avec les démocrates. Ces derniers, qui lient toute réouverture du gouvernement à des dispositions concernant les soins de santé, s’opposent aux projets de loi républicains jugés trop restrictifs et portant atteinte à l’accès aux soins pour les populations modestes.

Deux propositions de loi ont été soumises au vote lundi. Le projet démocrate, visant à prolonger le financement du gouvernement, a été rejeté par 45 voix contre 50. La contre-proposition républicaine a ensuite échoué avec 52 voix contre 42. Peu après ces échecs, Donald Trump s’est exprimé sur les réseaux sociaux pour accabler les démocrates, les accusant d’être responsables de la paralysie :

« Je suis prêt à travailler avec les démocrates sur leurs politiques de santé ratées, ou quoi que ce soit d’autre, mais ils doivent d’abord permettre à notre gouvernement de rouvrir. En fait, ils devraient ouvrir notre gouvernement ce soir ! » a-t-il posté sur sa plateforme Truth.

Les démocrates ont fermement rejeté la proposition républicaine, arguant qu’elle compromettait l’accès aux soins pour les Américains à faibles revenus. Ils exigent que toute loi de financement garantisse la continuité des subventions d’assurance maladie pour ces populations et annule les réductions opérées par l’administration Trump sur le programme Medicaid.

De leur côté, les républicains accusent les démocrates d’utiliser la fermeture du gouvernement comme levier pour imposer des dispositions relatives aux soins de santé des immigrants sans papiers, ce que les dirigeants démocrates démentent. Ils proposent d’aborder la question des soins de santé dans un texte législatif distinct, une fois le gouvernement pleinement opérationnel.

Dans le Bureau ovale, Donald Trump a affirmé être en pleine négociation avec la direction démocrate concernant les dispositions relatives aux soins de santé :

« Nous avons une négociation en cours en ce moment avec les démocrates qui pourrait aboutir à de très bonnes choses. Et je parle de bonnes choses en ce qui concerne les soins de santé », a-t-il déclaré.

Une affirmation aussitôt démentie par Chuck Schumer, leader des démocrates au Sénat, qui a écrit sur X : « ce n’est pas vrai ».

La Maison Blanche avait prévenu dès le début de la fermeture, mercredi dernier, que des licenciements permanents d’employés fédéraux étaient « imminents ». Karoline Leavitt, la porte-parole, a réitéré ce lundi que le Bureau de la gestion et du budget travaillait déjà avec les agences concernées en vue de possibles suppressions de postes. Elle a ajouté :

« Nous ne voulons pas voir des gens licenciés. Mais malheureusement, si cet arrêt se poursuit, les licenciements seront une conséquence malheureuse de cela », avant d’appeler les législateurs démocrates à faire des concessions : « Il n’y a rien à négocier. Il suffit de rouvrir le gouvernement. »

Dans des interviews distinctes dimanche, Hakeem Jeffries, chef des démocrates à la Chambre des représentants, et Mike Johnson, son homologue républicain, ont chacun attribué la responsabilité de la crise à l’opposition. Hakeem Jeffries a accusé les républicains de « mentir » sur les intentions des démocrates dans les négociations « parce qu’ils perdent la bataille de l’opinion publique ». Mike Johnson, en revanche, a estimé que les démocrates n’étaient « pas sérieux » et négociaient de mauvaise foi, ajoutant : « Ils font cela pour obtenir une couverture politique. »

Des sondages récents de CBS indiquent que les Américains jugent défavorablement la gestion de la crise par les deux partis, Donald Trump et les républicains du Congrès étant légèrement plus tenus pour responsables de la situation.

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