Publié le 24 février 2026 à 18h12. Après un revers devant la Cour suprême américaine, le président Donald Trump a revu à la baisse son projet de droits de douane globaux, les fixant temporairement à 10 % au lieu des 15 % initialement annoncés, suscitant des réactions mitigées et des menaces de représailles de la part de ses partenaires commerciaux.
- Donald Trump a annoncé l’instauration de droits de douane de 10 % sur toutes les marchandises importées, après que la Cour suprême a invalidé ses précédents droits de douane fondés sur des pouvoirs d’urgence.
- L’Union européenne a suspendu la ratification de son accord commercial avec les États-Unis en attendant des éclaircissements sur la politique tarifaire américaine.
- Plusieurs pays, dont le Royaume-Uni, le Japon et Taïwan, ont exprimé leur inquiétude et envisagent des mesures de rétorsion ou demandent des négociations pour protéger leurs intérêts commerciaux.
La décision de la Cour suprême américaine, rendue vendredi, a porté un coup dur à la stratégie tarifaire de Donald Trump, qui avait imposé des droits de douane massifs à de nombreux partenaires commerciaux des États-Unis en invoquant des motifs de sécurité nationale. Cette décision a contraint l’administration Trump à revoir sa politique commerciale et à chercher de nouvelles bases légales pour imposer des droits de douane.
Dans un premier temps, le président Trump avait annoncé l’instauration immédiate de droits de douane de 15 % sur toutes les importations, mais a finalement opté pour un taux de 10 % temporaire, en réponse aux protestations de plusieurs pays. La Maison Blanche a toutefois indiqué que l’objectif de 15 % restait d’actualité et pourrait être mis en œuvre ultérieurement.
L’Union européenne a réagi en suspendant la procédure de ratification de l’accord commercial conclu avec les États-Unis en juillet 2025 à Turnberry, en Écosse, entre Ursula von der Leyen et Donald Trump. Le Parlement européen attend désormais des clarifications de Washington sur la manière dont l’accord sera respecté dans le contexte de la nouvelle politique tarifaire américaine. Le Monde rapporte que l’eurodéputé Bernd Lange a souligné la nécessité d’une « clarté et stabilité totale » de la part des États-Unis.
Le Royaume-Uni a également exprimé son mécontentement, Downing Street laissant entendre que « rien n’est exclu » en cas d’instauration de droits de douane de 15 %. Le Japon a appelé les États-Unis à garantir que toute modification du régime tarifaire n’alourdisse pas le fardeau des exportations japonaises, rappelant l’accord conclu en juillet dernier, qui prévoyait une réduction des droits de douane sur les automobiles japonaises en échange d’investissements japonais dans les infrastructures américaines. Le Parisien précise que cet accord impliquait 550 milliards de dollars (467 milliards d’euros) de financements et d’investissements.
Taïwan, quatrième partenaire commercial des États-Unis, a également demandé des négociations pour protéger son accord commercial bilatéral, conclu il y a deux semaines, qui prévoit des droits de douane réduits sur les exportations taïwanaises en échange de l’ouverture de son marché aux produits américains. Le gouvernement taïwanais a annoncé qu’il retarderait la ratification de cet accord jusqu’à ce qu’il obtienne des garanties de Washington concernant l’application des nouveaux droits de douane.
L’administration Trump a proposé des exemptions pour certains produits et importations, notamment en provenance du Canada et du Mexique, mais l’incertitude persistante concernant la politique tarifaire américaine suscite des inquiétudes parmi les entreprises et les gouvernements du monde entier.
France 24 souligne que cette situation pourrait offrir aux gouvernements et aux entreprises une opportunité de faire pression pour obtenir des exemptions et un traitement préférentiel de la part de l’administration Trump.