Publié le 20 février 2026. Des astronomes ont découvert une naine blanche exceptionnellement massive, née de la fusion de deux étoiles, offrant un aperçu rare des mécanismes conduisant aux supernovae thermonucléaires.
- Une équipe internationale a identifié une naine blanche ultra-massive, baptisée WD 0525+526, grâce aux observations du télescope spatial Hubble de la NASA.
- Cette découverte confirme l’existence d’un processus de fusion stellaire comme voie possible vers l’explosion de supernovae de type Ia.
- L’analyse de l’atmosphère de WD 0525+526 révèle la présence de carbone, un indicateur clé de son origine fusionnelle.
L’étude, publiée dans la revue Nature Astronomy, met en lumière un phénomène cosmique rare. WD 0525+526, bien qu’apparemment une naine blanche ordinaire, présente des caractéristiques inhabituelles révélées par les observations en ultraviolet du télescope Hubble. Ces observations ont permis de détecter la présence de carbone dans son atmosphère, un élément qui ne devrait pas s’y trouver en abondance si l’étoile avait évolué seule.
Selon Boris Gaensicke, chercheur principal du programme Hubble, cette présence de carbone est due à la remontée de matière carbonée provenant des couches internes de l’étoile vers sa surface.
« Jusqu’à présent, cet objet spatial ressemblait à une naine blanche ordinaire, mais la vision ultraviolette de Hubble montre que cette naine blanche a une histoire très différente de celle attendue. »
Boris Gaensicke, chercheur principal du programme Hubble
Les naines blanches sont les vestiges denses d’étoiles qui ont épuisé leur carburant nucléaire. Elles sont généralement composées de carbone et d’oxygène. La découverte de WD 0525+526 suggère qu’une fraction significative de ces objets pourrait en réalité être le résultat de la fusion de deux naines blanches, un processus qui peut conduire à une explosion de supernova thermonucléaire de type Ia, utilisée comme « chandelle standard » pour mesurer les distances dans l’univers.
L’étude souligne que la spectroscopie optique classique ne détecte que les naines blanches les plus riches en carbone, laissant supposer que d’autres vestiges de fusions stellaires pourraient être « masqués » par des atmosphères d’hydrogène pur. Antoine Bedrad, responsable de l’étude à l’Université de Warwick, exprime le souhait d’étendre la recherche sur les naines blanches pour déterminer la fréquence de ces événements de fusion.
« Nous voulons explorer à quel point les naines blanches de carbone sont communes parmi les naines blanches similaires et combien de fusions stellaires sont cachées parmi les familles normales de naines blanches. »
Antoine Bedrad, Université de Warwick
Les chercheurs espèrent que ces recherches futures permettront de mieux comprendre les mécanismes qui régissent l’évolution des systèmes binaires de naines blanches et les conditions qui mènent à l’explosion des supernovae. L’étude a également révélé que WD 0525+526 possède une masse totale d’hydrogène et d’hélium inférieure à celle attendue pour une étoile unique, renforçant l’hypothèse d’une origine fusionnelle.
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