Publié le 2024-02-29 14:15:00. Une nouvelle combinaison médicamenteuse, associant un fragment d’hormone parathyroïdienne et du strontium, pourrait améliorer significativement la résistance et la qualité osseuse chez les femmes souffrant d’ostéoporose, selon des recherches récentes menées sur des rats.
- L’administration combinée de tériparatide (PTH1-34) et de strontium a démontré une efficacité supérieure à celle du tériparatide seul pour renforcer les os, tant au niveau de leur densité que de leur résistance.
- Les chercheurs ont observé une augmentation de l’épaisseur des trabécules osseuses et une amélioration des propriétés mécaniques de l’os cortical grâce à cette association.
- Les résultats suggèrent que le strontium agit en synergie avec le tériparatide, optimisant la formation osseuse et la qualité du tissu osseux.
Des scientifiques ont exploré la possibilité d’optimiser le traitement de l’ostéoporose en combinant le tériparatide (PTH1-34), un fragment d’hormone parathyroïdienne utilisé pour stimuler la formation osseuse, avec du strontium, un minéral connu pour son rôle dans la densité osseuse. L’étude, menée sur des rats femelles ayant subi une ovariectomie – une procédure simulant la ménopause et entraînant une perte osseuse – visait à déterminer si le strontium pouvait potentialiser les effets bénéfiques du tériparatide.
Les rats ovariectomisés ont reçu différents traitements pendant huit semaines : un placebo, du strontium seul (625 mg/kg/jour, cinq jours par semaine), du tériparatide seul (8 μg/kg/jour, cinq jours par semaine) ou une combinaison des deux. Les résultats ont révélé que le tériparatide seul était capable d’inverser la détérioration de la microarchitecture trabéculaire, de la densité minérale osseuse volumétrique apparente (vDMO) et de la résistance osseuse induite par l’ovariectomie. Le strontium seul, quant à lui, a augmenté la vDMO, mais sans affecter significativement la masse osseuse trabéculaire.
L’association de strontium et de tériparatide a produit des effets encore plus prononcés. Les chercheurs ont constaté une augmentation significative de l’épaisseur trabéculaire, de la vDMO apparente et tissulaire, ainsi qu’une amélioration des propriétés mécaniques de l’os (force et énergie de travail) et de la résistance des os trabéculaires par rapport au tériparatide seul. Dans l’os cortical, le co-traitement a amélioré l’épaisseur corticale et la vDMO apparente, tout en maintenant l’augmentation de la vDMO tissulaire induite par le strontium et en renforçant significativement la résistance osseuse.
Au niveau cellulaire, des cultures d’ostéoblastes (cellules responsables de la formation osseuse) ont montré que le strontium et le tériparatide, seuls ou en combinaison, augmentaient l’expression de Rankl et diminuaient l’expression d’Opg, des marqueurs impliqués dans la résorption osseuse. Ces observations concordent avec des taux élevés de désoxypyridinoline, un marqueur de résorption osseuse, détectés dans l’urine des animaux traités. De plus, le strontium et le tériparatide ont stimulé l’expression d’Igf1 et d’Alpl, des marqueurs de formation osseuse, et cette stimulation était encore plus importante en association.
En conclusion, l’étude suggère que la combinaison de strontium et de tériparatide offre une approche synergique pour le traitement de l’ostéoporose, combinant les effets ostéoanaboliques du tériparatide sur la masse osseuse avec les effets minéraux du strontium sur les propriétés du matériau osseux. Cela pourrait conduire à des améliorations supérieures de la qualité et de la résistance des os.
Il convient de noter que I. Badoud et P. Ammann ont déclaré avoir reçu un financement du Laboratoire Servier pour une partie de ce projet. C. Thouverey a quant à lui bénéficié de financements du Fonds national suisse (214959), de la Fondation pour la Recherche sur l’Ostéoporose et les Maladies Osseuses et de l’ American Society of Bone and Mineral Research (FIRST Award 2021).