La bataille pour le contrôle de Citgo Petroleum, filiale vénézuélienne, bat son plein devant un tribunal du Delaware, où des offres rivales se disputent le rachat de la société mère PDV Holding. Les avocats du raffineur américain et du Venezuela dénoncent une proposition jugée « défectueuse » et trop basse, émanant d’une filiale du fonds d’investissement Elliott Investment Management.
Au cœur de ce litige : la vente aux enchères de PDV Holding, orchestrée pour indemniser jusqu’à 15 banques créancières suite à des défauts de paiement et des expropriations d’actifs au Venezuela. L’offre d’Amber Energy, filiale d’Elliott, valorisée à 5,9 milliards de dollars, a récemment été recommandée par un responsable supervisant le processus, malgré une offre concurrente de 7,4 milliards de dollars émanant d’une filiale de Gold Reserve, GRZ. Cette dernière offre avait d’abord reçu le soutien du tribunal.
Les représentants de Citgo et de PDV Holding ont vivement critiqué l’offre d’Amber Energy lors d’une audience mardi. « L’offre d’Amber est si basse… qu’elle choque la conscience de ce tribunal et ne peut être retenue », a déclaré Nathan Eimer, l’avocat de Citgo et PDV Holding. Cette proposition, d’un montant jugé insuffisant, est également inférieure à celle de Gold Reserve, qui a par la suite relevé son offre à 7,9 milliards de dollars. Cependant, l’offre d’Amber inclut un accord séparé de 2,1 milliards de dollars destiné aux détenteurs d’obligations vénézuéliennes en défaut de paiement, un point absent de la proposition de Gold Reserve.
Gold Reserve plaide également pour le rejet de l’offre d’Amber, arguant que sa propre proposition, plus élevée, permettrait de répartir les fonds entre un plus grand nombre de banques créancières au Delaware. L’avocat de Gold Reserve, Matthew Kirtland, a mis en garde contre un « injustice fondamentale » qui détournerait une part substantielle de la valeur des banques saisies au profit des détenteurs d’obligations de 2020, dont la validité des billets est contestée dans un procès distinct à New York.
Le juge du Delaware, Leonard Stark, est attendu pour statuer sur le vainqueur final après une audience cette semaine. Cette dernière visera à examiner les offres et les requêtes déposées par le Venezuela et Gold Reserve, qui cherchent à disqualifier le juge, le fonctionnaire du tribunal évaluant les offres, ainsi que deux cabinets de conseil, pour des conflits d’intérêts présumés.
Depuis les sanctions américaines imposées au Venezuela en 2019, Citgo a de facto rompu ses liens avec sa société mère, la compagnie pétrolière d’État PDVSA. La filiale américaine est désormais administrée par des conseils nommés par un congrès d’opposition. Ni le gouvernement de Nicolas Maduro ni l’opposition politique dirigée par Maria Corina Machado ne reconnaissent la légitimité de cette vente aux enchères. L’approbation finale du vainqueur de l’enchère incombera au département du Trésor américain, qui a jusqu’à présent protégé Citgo des créanciers.